|
Le diabète gestationnel
Le diabète gestationnel est un diabète révélé et/ou diagnostiqué
pendant la grossesse.
Dans la quasi totalité des cas, il disparaît après l'accouchement.
Il est lié aux hormones du placenta qui gênent l'action de l'insuline :
- Si le pancréas a une capacité normale à fabriquer plus d'insuline,
il n'y a pas de diabète pendant la grossesse.
- Si le pancréas a des difficultés pour fabriquer le supplément d'insuline
nécessaire, un diabète apparaît pendant la grossesse.
Après l'accouchement, les hormones du placenta ne gênent plus l'action
de l'insuline, et la régulation du sucre se retrouve dans les conditions d'avant
la grossesse (absence de diabète, ou diabète qui existait avant la grossesse
mais qui n'était pas connu).
La fréquence et l'intensité du diabète dépendent du niveau des
hormones du placenta :
- diabète rare et habituellement peu intense avant le 6° mois,
- augmentation progressivement croissante à partir du 6° mois.

Les risques pour le bébé sont un poids excessif, ce qui peut conduire
à un accouchement compliqué (l'accouchement d'un bébé de plus
de 4kg est plus long et plus traumatisant que celui d'un bébé de 3,3kg).
Si les glycémies ne sont pas maîtrisées, il y a risque pendant les
premiers jours de vie de glycémies anormalement basses (hypoglycémie) ce
qui peut conduire à des absences, voire à des pertes de connaissance et
à des convulsions. Ce risque est directement en relation avec le niveau de glycémies
de la mère aux cours des dix jours qui précèdent l'accouchement.
Si le diabète débute tôt dans la grossesse et que pour une raison
ou pour une autre il y a un accouchement très prématuré, il y a risque
de détresse respiratoire car le développement des poumons est un peu plus
tardif lorsque les glycémies de la mère sont élevées.
Le risque que l'enfant ait lui-même un diabète ne semble pas dépendre
du niveau des glycémies de la mère pendant la grossesse, mais de la transmission
par la mère d'une partie de son capital génétique. Le risque est donc
similaire à celui qui existe lorsque le père de l'enfant a un capital génétique
de diabète de type 2, alors que la mère n'en a pas et n'a pas de diabète
pendant sa grossesse.
Les risques pour la mère sont liés au poids excessif du bébé
qui conduit à un accouchement plus difficile, surtout s'il s'agit d'un premier
accouchement, avec majoration du risque de déchirure périnéale ou
d'épisiotomie, ainsi que d'extraction instrumentale (ventouse, forceps) et de
césarienne.
Si les glycémies ne sont pas maîtrisées il y a majoration du risque
infectieux de ces complications.
Un autre risque, moins fréquent, mais pouvant être préoccupant pendant
la grossesse, est l'association au diabète d'une hypertension. Ce n'est pas
le niveau glycémique qui est responsable de l'hypertension, mais le contexte
maternel qui favorise le diabète, qui peut favoriser l'hypertension.
Il existe de nombreuses circonstances permettant de soupçonner qu'un diabète
peut survenir lors d'une grossesse (population à risque de diabète gestationnel),
et plus particulièrement :
- personnes diabétiques dans la famille de la mère,
- âge supérieur à 35 ans,
- poids de la mère supérieur de 20% au poids idéal correspondant à
la taille,
- prise de poids excessive lors des grossesses antérieures,
- enfant de poids supérieur à 4000g à la naissance,
- foetus de poids excessif après la 24° semaine de grossesse,
- utilisation de médicaments pour arrêter les contractions.
Le diagnostic repose sur l'hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO)
avec 100g de glucose chez les personnes à risque :
- avant 24 semaines de grossesse, il y a diabète si deux valeurs de l'HGPO dépassent
0,90 - 1,50 - 1,25 et 1,15g/l
à 0 - 60 - 120 et 180
minutes,
- après 24 semaines de grossesse, il y a diabète si deux valeurs de l'HGPO
dépassent 0,90 - 1,70 -
1,45 et 1,30g/l à 0 - 60 -
120 et 180 minutes.
Mais une prise en charge doit avoir lieu chaque fois qu'il y a possibilité de
diabète gestationnel, même si les examens réalisés ne montrent
pas tous les critères du diabète gestationnel, étant donné que
le diabète augmente chaque semaine après le 6° mois.
Elle repose sur :
- une alimentation équilibrée telle que devrait l'avoir toute femme enceinte,
- la surveillance des glycémies avant repas (moins de 0,90g/l) et 1h30 après
les repas (moins de 1,30g/l), à domicile avec un lecteur de glycémies capillaires,
- une activité physique raisonnable régulière,
- l'utilisation d'insuline si les objectifs glycémiques ne sont pas atteints
(l'insuline n'est nécessaire que le temps de la grossesse),
- une surveillance obstétricale adaptée.
Trois à six mois après l'accouchement, il est légitime de réaliser
une HGPO avec 75g de glucose afin de savoir si le métabolisme du glucose de
la mère s'est normalisé.
Les grossesses ultérieures doivent être prises en charge précocement
car la récidive du diabète gestationnel est la règle, et souvent à
un stade plus précoce de la grossesse.
La contraception orale classique peut éventuellement faire réapparaître
le diabète.
Une fois sur deux, un authentique diabète de type 2 est présent à
la ménopause chez les femmes ayant fait un diabète gestationnel. Pour diminuer
ce risque il est important d'arriver à la ménopause avec un poids le plus
normal possible, d'avoir une activité physique régulière, et de limiter
les autres facteurs de risque vasculaire (cholestérol, tabac...).
|