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A quelle heure ? Diabète de type 1
L'autosurveillance glycémique se résume souvent à mesurer sa glycémie
le matin à jeun (pour savoir comment on débute la journée) et avant
le repas du soir ou au coucher (pour savoir comment on va passer la nuit).
Cela peut paraître logique, mais ce sont les moments où la glycémie
a le plus de chance d'être basse, or ce qui importe, c'est de traquer l'hyperglycémie.
Quel chasseur, ou quel pêcheur, se placent aux endroits les moins favorables
pour voir du gibier, ou attraper du poisson ?
Les meilleurs moments pour mesurer sa glycémie sont à jeun, avant les repas
et 1h30 après les repas.
1) Glycémie à jeun
Elle est est le résultat de la fabrication de sucre par le foie en fin de nuit.
Elle ne dépend pas de ce que l'on a mangé la veille sauf si le repas du
soir était extrêmement riche en sucre.
Elle dépend un peu de l'équilibre alimentaire global et du niveau d'activité
physique des semaines précédentes.
Elle dépend surtout du niveau d'insuline dans le sang en fin de nuit.
Elle permet donc d'adapter la dose d'insuline retard du soir.
2) Glycémies après repas
Elles sont le résultat de la capacité des muscles et du foie à stocker
le sucre des repas, sous l'influence de l'insuline injectée sous la peau.
Selon l'index glycémique du repas, elles sont maximales 1 à 2 heures après
le début des repas.
1h30 après de début des repas est le meilleur moment pour permettre les
comparaisons d'un jour à l'autre.
Elles ne peuvent être comparées entre elles que si elles ont été
réalisées au même moment dans la journée (on ne peut pas comparer
une glycémie d'après petit déjeuner avec une glycémie d'après
repas de midi par exemple).
La glycémie d'après petit déjeuner est celle qui est souvent la plus
élevée. Ceci est dû à une production de sucre par le foie, et
au cycle veille/sommeil (un même petit déjeuner fait plus monter la glycémie
le matin que lorsqu'il est pris comme repas du soir).
L'interprétation d'une glycémie après repas doit aussi tenir compte
de la glycémie avant repas.
3) Comparaison avant et après repas
En l'absence de diabète, la glycémie passe habituellement de 0,80 g/l avant le repas, à moins de 1,40 g/l
1h30 après le début du repas.
L'individu non diabétique a donc en quelque sorte "droit" à une
montée glycémique de 0,60 g/l par rapport à
sa glycémie avant repas.
Il est logique que le diabétique ait aussi "droit" à une montée
glycémique de 0,60 g/l.
Par conséquent :
- Si la différence glycémique est supérieure à 0,60 g/l,
il y avait :
. soit trop de glucides (pain et dérivés de la farine, féculents,
fruits)
. soit pas assez d'aliments non glucidiques pour abaisser l'index glycémique
du repas (crudités, légumes chauds, viande ou poisson, laitage), et ceci
est plus souvent en cause qu'un excès de glucides,
. soit la dose d'insuline couvrant la période du repas, ou injectée avant
le repas, était insuffisante.
- Si la différence glycémique est inférieure à 0,20 g/l,
un supplément glucidique aurait pu être avalé au cours de ce repas.
L'autosurveillance glycémique, avant et 1h30 après repas, est donc très
utile pour savoir si son alimentation est équilibrée en ce qui concerne
les glucides.
Pour une même dose d'insuline :
- Si la différence glycémique est correcte, c'est qu'on ne s'est pas trompé
dans le choix des aliments.
- Si la différence glycémique n'est pas correcte, il faut trouver où
est l'erreur pour éviter de la refaire.
4) Glycémie avant le repas de midi
Elle est le résultat de l'effet tardif du petit déjeuner et de l'utilisation
du sucre par les muscles pendant la matinée. La production de sucre par le foie
est nettement moindre qu'au début de la matinée.
Elle renseigne sur l'effet du petit déjeuner et sur l'injection d'insuline faite
avant le petit déjeuner : l'augmentation de la dose
d'insuline avant le petit déjeuner, ou l'ajout d'insuline rapide avant le petit
déjeuner, sont nécessaires si la glycémie avant le repas de midi est
régulièrement élevée.
Elle est également utile pour interpréter la glycémie après le
repas de midi.
5) Glycémie avant le repas du soir
Elle est le résultat de la production de sucre par le foie, et de l'utilisation
du sucre par les muscles pendant l'après-midi.
S'il y a prise d'un goûter, la glycémie avant le repas du soir est en fait
une glycémie postprandiale, et c'est la glycémie avant le goûter qui
a la signification de la glycémie avant le repas du soir.
Elle renseigne sur l'effet de l'activité physique de l'après-midi, mais
aussi des jours précédents, et sur l'effet de la dernière injection
d'insuline retard : Insuline intermédiaire avant
le petit déjeuner ou insuline lente la veille au soir (l'augmentation de cette
insuline est nécessaire si la glycémie avant le repas du soir est régulièrement
élevée).
Elle ne doit pas être utilisée comme indicateur de l'effet de l'insuline
rapide injectée avant le repas de midi, sauf si on utilise un schéma insulinique
ne comportant pas d'insuline retard agissant pendant l'après-midi.
Elle est également utile pour interpréter la glycémie après le
repas du soir.
6) En résumé
La glycémie à jeun est le témoin de la production de sucre par
le foie en fin de nuit, et ne dépend que très peu du repas de la veille
au soir. Elle permet d'adapter la dose d'insuline retard de la veille au soir.
La différence prandiale, entre les glycémies avant et 1h30 après
repas, renseigne sur l'effet du repas :
- Si elle est régulièrement supérieure à 0,60 g/l,
c'est que la dose d'insuline couvrant le repas est insuffisante. L'activité
physique régulière permet aussi d'améliorer les glycémies après
repas.
- Si elle est ponctuellement supérieure à 0,60 g/l,
c'est que l'index glycémique du repas était élevé, et ceci est
le plus souvent dû à un manque en crudités, légumes chauds, viande
ou poisson, laitage.
La glycémie avant le repas de midi renseigne sur l'effet du petit déjeuner
et sur l'injection d'insuline faite avant le petit déjeuner :
l'augmentation de la dose d'insuline avant le petit déjeuner, ou l'ajout d'insuline
rapide avant le petit déjeuner, sont nécessaires si la glycémie avant
le repas de midi est régulièrement élevée.
La glycémie avant le repas du soir renseigne sur l'effet de l'activité
physique de l'après-midi, mais aussi des jours précédents, et sur
l'effet de la dernière injection d'insuline retard (ou sur l'effet de l'insuline
rapide injectée avant le repas de midi, si on utilise un schéma insulinique
ne comportant pas d'insuline retard agissant pendant l'après-midi).
L'expérience montre que les glycémies avant repas sont beaucoup plus fréquemment
réalisées que les glycémies après repas. Si l'hémoglobine
glycosylée (HbA1c) n'est pas satisfaisante alors que les glycémies avant
repas le sont, il faut réaliser des glycémies après repas pour identifier
où est le problème.
Attention : Obtenir
de "bonnes glycémies" ne suffit pas ...
Il faut aussi faire attention au contenu en graisses des repas.
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