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L'adaptation anticipatrice des doses d'insuline
L'adaptation anticipatrice est une méthode complémentaire de l'adaptation
prévisionnelle des doses d'insuline.
Principe
• Elle consiste à anticiper l'effet d'événements prévus
au cours de la journée, pour modifier son traitement habituel en conséquence,
par exemple :
- on augmente la dose si la période couverte par l'injection sera plus
hyperglycémiante qu'habituellement (repas plus riche en glucides par exemple),
- on diminue la dose si la période couverte par l'injection sera plus
hypoglycémiante qu'habituellement (repas léger ou activité sportive
par exemple),
L'amplitude de la modification de dose dépend des événements qui interviendront,
mais comme pour l'adaptation prévisionnelle, l'ajout ou le retrait d'une seule
unité sont souvent une adaptation trop faible pour entraîner des effets
significatifs sur la glycémie. Par contre, une augmentation ou une diminution
de plus de 2 unités sont parfaitement légitimes si les événements
anticipés le demandent.
• Elle consiste aussi à ajouter de l'insuline rapide dans une injection
d'insuline retard n'en contenant habituellement pas, ou à faire une injection
supplémentaire d'insuline rapide :
- on associe un supplément d'insuline rapide à l'injection habituelle
d'insuline retard, si les heures qui suivront l'injection seront plus hyperglycémiantes,
- on se fait une injection supplémentaire d'insuline rapide à une
heure où on ne faisait habituellement pas d'injection, si les heures qui suivront
cette injection supplémentaire seront plus hyperglycémiantes.
Le nombre d'unités d'insuline rapide associée à une injection habituelle
d'insuline retard, ou d'une injection supplémentaire, dépend également
des événements qui interviendront, et là également l'apport doit
être d'au moins 2 unités pour entraîner des effets significatifs sur
la glycémie.
Remarque : il peut paraître surprenant d'envisager de faire une injection supplémentaire
d'insuline rapide à une heure non habituelle ... mais c'est pourtant ce que
fait tout pancréas non diabétique lorsque son heureux possesseur mange
quelque chose à une heure inhabituelle).
Carnet d'autocontrôle
Le carnet d'autocontrôle, dont il est impossible de se passer pour réaliser
une adaptation prévisionnelle, est également nécessaire pour l'adaptation
anticipatrice.
En effet :
• soit un événement inhabituel doit avoir lieu, et ne sachant que
faire on ne réalise pas d'adaptation de doses, mais on note alors quel a été
l'effet de cet événement, de façon à juger s'il aurait été
souhaitable de faire quelque chose, et en déduire ce qu'il aurait été
souhaitable de faire,
• soit un même événement inhabituel doit à nouveau avoir
lieu, et il est alors précieux de savoir quels en avaient été antérieurement
les effets, de façon à réaliser au mieux une adaptation anticipatrice,
• soit la pratique de l'adaptation anticipatrice, et sa validation par le carnet
d'autocontrôle, ont permis d'apprendre progressivement quelles sont les adaptations
à réaliser pour différents types d'événements.
Par exemple :
• Ce soir aura lieu une deuxième soirée «partie de cartes entre
hommes» chez des amis. Lors de la première soirée, on avait commandé
des pizzas et le repas avait donc été riche en glucides, sans légumes
verts sauf de la salade, et on avait aussi bu de la bière sans alcool. Aucune
adaptation de dose n'avait été réalisée, et le résultat
glycémique au retour à la maison vers 2 h du matin n'était pas brillant
(la bière, avec ou sans alcool, contient toujours beaucoup plus de sucre qu'on
ne pense...). Pour cette deuxième soirée, le programme sera le même,
et je majorerai donc mon insuline rapide de 4 unités avant d'entamer la pizza.
• Je suis seul ce soir, je n'ai pas très faim et je vais manger léger
: un bol de café, un oeuf à la coque, une tranche de jambon, une tranche
de pain, un yaourt nature. La dernière fois que j'avais mangé comme cela,
je m'étais injecté seulement 2 unités de moins d'insuline rapide,
et j'avais fait une hypoglycémie deux heures plus tard. Ce soir, je m'injecterai
donc 4 unités de moins.
• J'ai un peu de fièvre depuis deux jours (pratiquement tout le monde a
la grippe sur mon lieu de travail). Mes glycémies étaient élevées
hier, ce qui m'a conduit à augmenter aujourd'hui de 2 unités chacune des
trois injections d'insuline rapide avant repas. Je n'ai pas d'acétone dans les
urines. Il est 22 h et je vais faire mon injection d'insuline retard. J'augmente
donc la dose d'insuline retard de 6 unités car la fièvre est toujours là.
• Cette après-midi aura lieu un match de foot, et avec l'habitude et la
consultation de mon carnet d'autocontrôle, je sais maintenant ce qui me réussit
le mieux : remplacement des 28 unités insuline retard du matin par 10 unités
d'insuline rapide avant le petit déjeuner, et par 8 unités d'insuline rapide
avant le déjeuner.
Une activité physique modérée
ou intense peut nécessiter de baisser de 20 à 50 % la dose d'insuline qui
agira pendant cette activité physique.
• Si on utilise un mélange d'insuline, c'est l'insuline rapide ou l'insuline
retard qui agira pendant cette activité physique, qu'il faut diminuer.
• Si on utilise un mélange «tout prêt» (par exemple 30/70
%) il est possible, en plus de la diminution de la dose, d'utiliser par sécurité
pour cette occasion :
- de l'insuline «100 % retard» si l'activité physique doit avoir lieu
dans les heures suivant l'injection,
- ou un mélange «tout prêt» comportant plus d'insuline rapide
(par exemple 50/50 %) si l'activité physique doit avoir lieu pendant la fin
d'action de l'insuline.
• Il est également possible de remplacer une injection d'insuline retard
par deux injections d'insuline rapide (voir exemple ci-dessus).
Quelle insuline faut-il modifier ?
L'adaptation anticipatrice doit concerner l'insuline qui agira pendant la période
où aura lieu l'événement dont on veut tenir compte.
Elle peut donc concerner l'insuline rapide (avant un repas par exemple) ou l'insuline
retard (randonnée pédestre pendant toute une journée par exemple,
ou fièvre) ou les insulines rapide et retard (activité physique intense
comme un match de foot dans l'après-midi par exemple).
Par contre, les injections supplémentaires d'insuline ne doivent être faites
qu'avec de l'insuline rapide.
Adaptation prévisionnelle puis anticipatrice
Les modifications de doses de l'adaptation anticipatrice doivent être réalisées
conjointement aux modifications de doses de l'adaptation prévisionnelle, et
les deux premières phases de l'adaptation des doses doivent être :
1) Que commande l'adaptation prévisionnelle (AP) ?
2) Y a-t-il une adaptation anticipatrice (AA) à réaliser ? et que commande-t-elle
?
Par exemple :
1) Glycémie à jeun ce matin à 0,63 g/l => AP = 18-2 d'insuline
retard ce soir
2) Soirée pizza => AA => ajout de 4 unités d'insuline rapide avec
l'insuline retard ce soir.
1) Glycémie à jeun ce matin à 1,53 g/l qui confirme 1,47 g/l d'hier
matin à jeun => AP = 26+2 d'insuline retard ce soir
2) Dîner léger => AA => 4 unités de moins pour l'insuline rapide
avant le dîner.
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L'adaptation doit d'abord être prévisionnelle |
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Toujours trois étapes 1) Que commande l'adaptation prévisionnelle ? |