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Les différents traitements
Le traitement du diabète repose sur ce que l'on appelle les «règles
hygiénodiététiques» et sur un traitement médicamenteux si
les règles hygiénodiététiques ne parviennent pas à ramener
les glycémies dans les normes. De plus, il est indispensable de maîtriser
aussi une éventuelle hypertension artérielle ou une dysliémie (graisses
élevées dans le sang).
Règles hygiénodiététiques
Ces règles consistent en une alimentation équilibrée, l'obtention
ou le maintien d'un poids le plus proche de la normale, la pratique régulière
d'une activité physique et l'arrêt du tabac.
Alimentation équilibrée => Alimentation
Alimentation équilibrée ne veut pas dire «régime restrictif,
frustrant, culpabilisant et impossible à suivre ! ».
Alimentation équilibrée signifie simplement «alimentation telle qu'elle
devrait l'être chez toute personne soucieuse de se maintenir en bonne santé»
:
• La part des graisses, qui sont déjà consommées de façon
excessive par la population générale (la part des graisses a augmenté
en moyenne en France de près de 50 % depuis le début du siècle !),
doit être réduite même si la tendance spontanée serait plutôt
de l'augmenter en réaction à la limitation des apports en glucides.
• La part des sucres simples, qui sont également consommés de façon
excessive par la population générale (la consommation de sucre, qui était
de 500 g par an et par habitant il y a deux siècles, est maintenant d'un peu
plus de 30 kilos par an et par personne !) doit également être réduite.
• La part des sucres complexes, qui est insuffisante dans la population générale,
doit être augmentée en veillant à associer les aliments, notamment
avec des fibres, de façon à ce que l'arrivée du sucre dans le sang
après les repas soit la plus progressive possible.
Poids normal => Maîtrise du poids
L'existence d'un excès de poids est un facteur d'insulinorésistance
c'est-à-dire que l'insuline qui est encore fabriquée par le pancréas
du diabétique non insulinodépendant, ou qui est injectée sous la peau
par le diabétique insulinodépendant, est d'autant moins efficace que le
poids est excessif par rapport à la taille.
Ceci est vrai aussi bien en cas de diabète non insulinodépendant (lors
de la découverte du diabète, une réduction de 5 à 7 kg d'un poids
excessif entraîne très souvent une nette amélioration des glycémies
; un traitement par les comprimés est efficace d'autant plus longtemps que le
poids n'est pas excessif ; lorsque le diabète échappe à un traitement
maximum par des comprimés alors qu'il y a excès de poids, une réduction
du poids permet assez souvent de prolonger l'utilisation des comprimés...) qu'en
cas de diabète insulinodépendant (une majoration du poids entraîne
une majoration des besoins en insuline ; une réduction du poids entraîne
une diminution des besoins en insuline...).
L'obtention ou le maintien du poids au plus proche de la normale sont donc un avantage
à ne pas négliger. De plus, un poids conforme à la taille permet de
se sentir en bonne forme, de ne pas être essoufflé à l'effort, d'éviter
ou de réduire une hypertension artérielle...
Pratique régulière d'une activité physique => Activité
physique
Les muscles utilisent le sucre pour en tirer l'énergie nécessaire à
leur fonctionnement. Il y a donc un bénéfice majeur dans l'activité
physique, puisqu'elle fait baisser la glycémie. De plus, si l'activité
physique est régulière, l'insulinorésistance
musculaire est plus faible, et le diabète est plus facile à équilibrer.
Par ailleurs, la pratique régulière d'une activité physique permet
de favoriser la perte de poids en cas d'excès de poids, ou de maintenir un poids
satisfaisant, d'entretenir le coeur et les artères pour qu'ils s'abîment
moins avec les années, et peut aussi aider à s'arrêter de fumer, ce
qui est aussi très bénéfique pour le coeur et les artères.
Enfin, l'activité physique contribue à un meilleur équilibre psychologique,
et la forme physique favorise un style de vie heureux et sain.
Arrêt du tabac
Bien qu'il soit d'une importance capitale, ce point est trop souvent négligé.
Même en l'absence de diabète, fumer nuit à la santé, et pour
le rappeler les paquets de cigarettes vendus en France depuis septembre 2003 comportent
d'un côté une des deux phrases «Fumer tue» ou «Fumer nuit
gravement à votre santé et à celle de votre entourage» et de
l'autre une des mentions suivantes :
• Les fumeurs meurent prématurément.
• Fumer bouche les artères et provoque des crises cardiaques et des attaques
cérébrales.
• Fumer provoque le cancer mortel du poumon.
• Fumer pendant la grossesse nuit à la santé de votre enfant.
• Protégez les enfants: ne leur faites pas respirer votre fumée.
• Votre médecin ou votre pharmacien peuvent vous aider à arrêter
de fumer.
• Fumer crée une forte dépendance, ne commencez pas.
• Arrêter de fumer réduit les risques de maladies cardiaques et pulmonaires
mortelles.
• Fumer peut entraîner une mort lente et douloureuse.
• Faites-vous aider pour arrêter de fumer, téléphonez au 0825
309 310 (0,15 EUR/min).
• Fumer peut diminuer l'afflux sanguin et provoque l'impuissance.
• Fumer provoque un vieillissement de la peau.
• Fumer peut nuire aux spermatozoïdes et réduit la fertilité.
• La fumée contient du benzène, des nitrosamines, du formaldéhyde
et du cyanure d'hydrogène.
Le tabagisme conduit donc, entre autres à une altération des artères,
et au fil des années le diabète peut aussi conduire à une altération
des artères. Il est donc essentiel d'arrêter tout tabagisme en cas de diabète,
sous peine de voir apparaître des complications vasculaires de façon précoce.
D'autre part, le tabagisme peut modifier la circulation capillaire sous-cutanée
et entraîner une variabilité de la diffusion de l'insuline (la façon
dont l'insuline injectée sous la peau passe dans le sang est différente
lorsque l'on est en train de fumer ou non).
Le tabagisme est donc à la fois un facteur d'altération des artères
et d'instabilité glycémique.
Mais ce n'est pas tout ! Il semble en effet que le tabac soit un facteur favorisant
l'apparition du diabète de type 2 puisqu'une étude réalisée entre
1982 et 2000, avec une moyenne de suivi de 12 années, chez 21.000 hommes, médecins
américains, âgés de 40 à 84 ans, a montré l'apparition de
770 cas de diabète de type 2, avec un risque 1,7 fois plus important pour les
fumeurs de plus de 20 cigarettes par jour, un risque 1,5 fois plus important pour
les fumeurs de moins de 20 cigarettes par jour, et un risque 1,1 fois plus important
pour les anciens fumeurs.
Traitement médicamenteux du diabète
Lorsque les règles hygiénodiététiques ne parviennent pas à
ramener les glycémies dans les normes, il faut s'aider d'un traitement médicamenteux
qui peut être des comprimés, de l'insuline ou dans certains cas une association
de comprimés et d'insuline.
Comprimés => Comprimés
Les comprimés permettent schématiquement d'agir à trois niveaux :
• obliger le pancréas à fabriquer plus d'insuline => Sulfamides
hypoglycémiants et Glinides
• rendre plus sensible les cellules vis à vis de l'insuline présente
dans le sang => Biguanides et Glitazones
• freiner le passage du sucre des aliments vers le sang => Inhibiteur
des alphaglucosidases
Insuline => Insuline
Il est nécessaire d'apporter de l'insuline à l'organisme lorsque le pancréas
ne parvient plus à en fabriquer en quantité suffisante. Or, comme malheureusement
l'insuline est digérée lorsqu'on l'avale, il faut utiliser des injections
sous la peau de manière à éviter le passage par l'estomac.
La sécrétion normale d'insuline par le pancréas se faisant de façon
très particulière :
• forte sécrétion au moment des repas, pour permettre le stockage
du sucre dans le foie et les muscles,
• sécrétion faible, mais indispensable, dans l'intervalle des repas,
pour permettre d'une part la libération du sucre stocké dans le foie, et
d'autre part l'entrée de ce sucre dans les cellules de l'organisme,
le traitement par l'insuline s'efforcera de reproduire ce que ferait le pancréas
si on n'était pas diabétique.
Traitement mixte
Dans certains cas, on peut être amené à utiliser un traitement combiné,
c'est-à-dire à associer de l'insuline et des comprimés, par exemple
:
• si un traitement par des comprimés aux doses maximales laisse persister
une glycémie à jeun élevée alors que les glycémies dans
la journée sont presque satisfaisantes, on peut envisager d'utiliser une injection
d'insuline lente le soir au coucher pour normaliser la glycémie à jeun
en freinant la libération de sucre par le foie pendant la nuit, tout en poursuivant
les comprimés dans la journée pour assurer la maîtrise des glycémies
avant et après les repas,
• au tout début d'un diabète insulinodépendant, un traitement
avec de l'insuline lente au coucher et des comprimés dans la journée, peut
parfois être efficace pendant quelque temps,
• chez un diabétique insulinodépendant dont la maîtrise des glycémies
après repas n'est pas bonne malgré une optimisation de l'alimentation et
des injections d'insuline, ainsi que la pratique régulière d'une activité
physique, l'association de comprimés permettant d'augmenter la sensibilité
des cellules vis à vis de l'insuline, peut éventuellement être utile.
Autres traitements médicamenteux
Etant donné que l'hypertension artérielle et les graisses élevées
dans le sang (hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie) contribuent
également de façon importante à la survenue des complications du diabète,
il peut aussi être nécessaire d'utiliser des traitements médicamenteux
pour maîtriser ces facteurs de risque vasculaire.