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L'insulinorésistance
Insulinosensibilité / Insulinorésistance
L'insuline a plusieurs actions :
• sa présence dans le sang permet l'entrée
du sucre dans les cellules de l'organisme,
• son augmentation dans le sang favorise le stockage
du sucre dans le foie, les muscles et le tissu graisseux,
• sa diminution dans le sang favorise la libération
de sucre par le foie.
Le déficit en insuline est donc un facteur d'hyperglycémie.
Mais il existe un autre facteur d'hyperglycémie, notamment chez le diabétique
de type 2, qui est une moindre sensibilité des cellules vis à vis
de l'insuline.
Cette notion d'insulinosensibilité signifie simplement qu'un même
niveau d'insuline aura :
• un effet normal si la sensibilité des cellules pour l'insuline est normale,
• et un effet moindre si la sensibilité des cellules pour l'insuline est
faible.
Pour exprimer cela, on peut aussi parler d'insulinorésistance :
• s'il y a insulinorésistance, l'insuline aura moins d'effet,
• tandis que s'il n'y a pas d'insulinorésistance, l'insuline aura son effet
habituel.
L'excès de poids, une alimentation riche en graisses, et l'absence d'activité
physique, augmentent l'insulinorésistance.
Une infection (grippe, bronchite, angine...) ou une autre affection aiguë (infarctus
du myocarde récent, accident vasculaire cérébral récent...) ou
chronique (rhumatisme inflammatoire...) ou encore une intervention chirurgicale,
un traumatisme ... augmentent également l'insulinorésistance.
On parle d'insulinorésistance hépatique quand le foie est devenu moins
sensible à l'insuline (la conséquence est essentiellement une glycémie
élevée due à une libération hépatique excessive de sucre
dans l'intervalle des repas et la nuit), et d'insulinorésistance périphérique
quand les muscles et le tissu graisseux sont devenus moins sensibles à l'insuline
(la conséquence est essentiellement des glycémies postprandiales élevées
dues à une difficulté d'entrée du glucose dans les muscles et le tissu
graisseux après les repas). Les insulinorésistances hépatique et périphérique
vont généralement de pair, mais l'une peut être nettement plus accentuée
que l'autre.
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L'excès de poids, une alimentation riche en graisses, et l'absence d'activité physique, augmentent l'insulinorésistance |
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L'effet des comprimés ou de l'insuline n'est pas le même chez out le monde |
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L'effet des comprimés ou de l'insuline peut changer selon les circonstances |
Comment apprécier l'insulinorésistance ?
Il existe des moyens sophistiqués pour mesurer l'insulinorésistance (clamp
euglycémique hyperinsulinique au moyen d'un pancréas artificiel par exemple)
mais le contexte et les examens biologiques courants peuvent fournir une première
approche.
Contexte
Nous l'avons vu, une maladie aiguë ou chronique est de nature à
majorer l'insulinorésistance. Dans ce cas, tout se passe comme si l'insuline
devenait moins efficace, et il peut être nécessaire de majorer le nombre
de comprimés chez les diabétiques de type 2, voire d'utiliser transitoirement
de l'insuline le temps que l'affection aiguë ait disparu, ou de majorer les
doses d'insuline chez les diabétiques insulinotraités.
Un excès de poids est également de nature à majorer l'insulinorésistance,
et c'est pour cette raison qu'un amaigrissement lorsque le poids est excessif permet
très souvent d'obtenir une bien meilleure efficacité du traitement.
Tous les excès de poids ne s'accompagnent
pas du même degré d'insulinorésistance. Il y a schématiquement
deux types d'excès de poids, ou d'obésité, selon la répartition
des graisses.
Pour apprécier la répartition des graisses, on mesure le tour de taille
et le tour de hanche avec un mètre de couturière, et on parle :
• de répartition «androïde» (c'est la répartition
habituelle des graisses chez l'homme) si le rapport taille/hanche est supérieur
à 0,95 chez l'homme ou supérieur à 0,80 chez la femme,
• de répartition «gynoïde» (c'est la répartition
habituelle des graisses chez la femme) si le rapport taille/hanche est inférieur
à 0,95 chez l'homme ou inférieur à 0,80 chez la femme.
Plus simplement, on peut aussi ne mesurer que le tour de taille, et dans ce cas il
y a répartition androïde, si le tour de taille est supérieur
à 100 cm chez l'homme ou supérieur à 90 cm chez la femme.
La répartition androïde, appelée parfois aussi androgénique,
traduit la présence de graisse dans l'abdomen autour des organes, tandis que
la répartition gynoïde traduit la présence de graisse sous la peau,
habituellement prédominante à la moitié inférieure du corps,
beaucoup plus que dans l'abdomen autour des organes.
Une répartition androïde est un élément important en faveur de
l'existence d'une insulinorésistance, et est aussi un marqueur d'un risque plus
important d'hypertension artérielle et de complications cardiovasculaires.
Autrement dit, si le tour de taille est supérieur à 100 cm chez l'homme
ou supérieur à 90 cm chez la femme, il y a un risque plus important
de survenue d'un diabète, ainsi que de risques d'hypertension artérielle
et de complications cardiovasculaires.
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Un tour de taille supérieur à 100 cm chez l'homme, ou supérieur à 90 cm chez la femme, est un facteur de risque de diabète et un marqueur du risque cardiovasculaire |
Autosurveillance glycémique
Etant donné que le rôle du foie, et celui des muscles et du tissu graisseux,
ne sont pas les mêmes dans la régulation de la glycémie (stockage
et libération de sucre pour le foie, stockage de sucre pour les muscles et le
tissu graisseux, rôle des muscles et du tissu graisseux plus important que celui
du foie dans le stockage du sucre après repas) il est tentant d'utiliser le
profil glycémique des journées, que l'on peut obtenir en mesurant la glycémie
avant les repas et 1h30 après les repas, pour évaluer l'insulinorésistance :
• une différence glycémique très importante entre les glycémies
avant repas et les glycémies après repas, est en faveur d'une insulinorésistance
périphérique prédominante,
• une différence glycémique faible entre les glycémies avant
repas et les glycémies après repas, est en faveur d'un faible niveau d'insulinorésistance
périphérique,
• le contraste entre des glycémies à jeun nettement plus élevées
que les glycémies avant le repas du soir, est en faveur d'une d'un faible niveau
d'insulinorésistance périphérique associée à un niveau élevé
d'insulinorésistance hépatique.
Il n'est cependant pas toujours aisé d'obtenir un jugement fiable car :
• les repas n'étant pas identiques chaque jour, l'examen des glycémies
doit porter sur plusieurs semaines pour permettre une conclusion,
• l'activité physique (qui fait baisser la glycémie) n'est pas non
plus identique chaque jour,
• chez tout le monde, l'insulinorésistance diminue pendant la journée :
elle est la plus importante le matin, et la plus faible le soir, ce qui peut également
s'exprimer des deux façons suivantes :
- l'insuline a moins d'effet dans la matinée qu'en fin d'après-midi,
- un même petit déjeuner est beaucoup plus hyperglycémiant lorsqu'il
est pris le matin que lorsqu'il est pris comme repas du soir.
Néanmoins, si l'alimentation est équilibrée, si l'activité physique
est similaire chaque jour, et si les valeurs des glycémies sont voisines chaque
jour aux mêmes heures :
• une glycémie à jeun élevée qui s'abaisse progressivement
dans la journée (7h > 12h > 18h) avec des montées glycémiques
1h30 après repas qui sont peu importantes (différence glycémique inférieure
à 0,60 g/l) est en faveur d'une insulinorésistance hépatique
prédominante,
• une glycémie à jeun modérément élevée qui augmente
progressivement dans la journée (7h < 12h < 18h) à la faveur
de montées glycémiques 1h30 après repas qui sont importantes (différence
glycémique supérieure à 0,60 g/l) est en faveur d'une insulinorésistance
périphérique prédominante.
Hémoglobine glyquée (HbA1c)
Comme les glycémies à jeun sont beaucoup plus stables et plus reproductibles
que les glycémies dans la journée (sauf en cas de diabète de type 1
instable), et que l'hémoglobine glyquée est
le témoin de la moyenne des glycémies, minute après minute, au cours
des deux mois précédant l'analyse, la confrontation de la glycémie
à jeun et de l'hémoglobine glyquée peut fournir une indication, si
l'alimentation est équilibrée :
• une glycémie à jeun élevée contrastant avec une hémoglobine
glyquée faiblement élevée est en faveur de glycémies qui s'élèvent
peu après les repas, et donc d'une faible insulinorésistance périphérique,
associée à une insulinorésistance hépatique prédominante
responsable de l'hyperglycémie à jeun,
• une glycémie à jeun modérément élevée contrastant
avec une hémoglobine glyquée «trop élevée pour la glycémie
à jeun» est en faveur de glycémies élevées après les
repas, et donc d'une insulinorésistance périphérique prédominante,
ceci sous réserve bien entendu, que l'alimentation soit équilibrée
(une alimentation non équilibrée conduit à de fortes glycémies
après repas, quel que soit le niveau d'insulinorésistance).
Pourquoi apprécier l'insulinorésistance ?
En ce qui concerne le traitement
• En cas d'excès de poids, surtout à répartition androïde,
on ne peut espérer maîtriser au mieux le diabète que par une réduction
de l'excès de poids qui doit être l'objectif numéro un du traitement.
Les médicaments qui abaissent l'insulinorésistance seront bien sûr
utilisés, mais ils auront d'autant moins d'effet que l'insulinorésistance
est entretenue par l'excès de poids, et bien souvent perdre «seulement
quelques kilos» améliore déjà l'effet des médicaments.
• L'activité physique diminue l'insulinorésistance, et ici également
bouger améliore souvent significativement l'effet des médicaments.
• Chez les diabétiques de type 2, les degrés d'insulinorésistances
hépatique et périphérique interviennent pour une bonne part dans profil
glycémique dans la journée, et si le diabète n'est pas maîtrisé
la suite du traitement dépend de ce profil glycémique : action
sur l'alimentation et/ou l'activité physique
et/ou médicaments augmentant l'insulinosécrétion
ou diminuant l'insulinorésistance et/ou traitement
mixte avec de l'insuline lente en soirée (pour maîtriser les glycémies
à jeun) combinée à des comprimés dans la journée (pour maîtriser
les glycémies pendant la journée) et/ou plusieurs
injections d'insuline associées ou non à des médicaments diminuant
l'insulinorésistance.
En ce qui concerne la surveillance
• Etant donné que l'insulinorésistance est susceptible d'être
accentuée par les circonstances (infection, affection aiguë, poussée
d'une affection chronique, traumatisme ...) l'autosurveillance doit être accentuée
dans ces circonstances afin de savoir si et quand il faut adapter le traitement à
ces circonstances (majoration du nombre de comprimés et/ou utilisation transitoire
d'insuline le temps que l'affection aiguë ait disparu, ou majoration des doses
d'insuline chez les diabétiques insulinotraités).
• Par ailleurs, comme l'insulinorésistance est un facteur de risque d'hypertension
artérielle et de complications cardiovasculaires, s'il existe une insulinorésistance
le dépistage de ces complications doit être plus attentif.
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L'effet des comprimés ou de l'insuline
peut changer selon les circonstances |