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Vomissements, fièvre, maladies...


Des nausées ou des vomissements, de la fièvre en relation avec une infection, ou une maladie n'entraînant pas de fièvre, peuvent conduire le diabétique à une situation critique : hypoglycémie ou décompensation.


Que faire en cas de nausées ou vomissements ?

Les nausées et vomissements posent deux problèmes :

• d'une part, celui de la signification des vomissements : est-ce que les vomissements sont dus à une décompensation du diabète, ou est-ce que les vomissements sont dus à une autre cause (indigestion ou maladie de l'estomac par exemple) ?

• d'autre part, le problème des conséquences des vomissements sur l'équilibre du diabète, puisque l'on ne peut plus manger normalement.


Schématiquement, deux situations peuvent se présenter :

• Si la glycémie est élevée, avec glycosurie et acétonurie franche, il s'agit d'un début de décompensation du diabète.

Dans ce cas, que le diabète soit insulinodépendant ou non, vous n'arriverez pas seul à redresser la situation car il faut des perfusions pour corriger la déshydratation et apporter le sucre et l'insuline nécessaires pour réorienter le fonctionnement du corps vers une utilisation du sucre au lieu des graisses de réserve. Une hospitalisation est donc nécessaire sans tarder.

Vomissements + hyperglycémie + acétonurie

=> Hospitalisation sans
 tarder


• Si la glycémie est normale ou presque, sans acétone ou avec des traces d'acétone dans les urines, les vomissements ne sont pas dus à un début de décompensation du diabète, mais à une autre cause, et le problème est le risque d'hypoglycémies.

Si le diabète est traité par des comprimés, on peut baisser le nombre de comprimés, voire les arrêter transitoirement en cas d'hypoglycémie confirmée, mais il faut savoir que les comprimés continuent d'agir un certain temps après leur arrêt. Autrement dit, en cas de vomissements avec hypoglycémies malgré l'arrêt des comprimés, une hospitalisation est nécessaire dans le but de mettre en place une perfusion de sérum glucosé pour éviter l'hypoglycémie et pour trouver et traiter la cause des vomissements.

Si le diabète est traité par l'insuline, il faut diminuer les doses, mais il ne faut jamais arrêter les injections car l'organisme à besoin d'insuline même si on ne mange pas (schématiquement, environ la moitié de la dose d'insuline quotidienne est nécessaire au fonctionnement du corps, et l'autre moitié est nécessaire pour la prise en charge des repas). Si les choses ne s'arrangent pas rapidement, il faut consulter votre médecin pour trouver la cause des vomissements et la soigner. Dans certains cas, une hospitalisation peut être nécessaire dans le but de mettre en place une perfusion de sérum glucosé pour éviter l'hypoglycémie et pour trouver la cause des vomissements.

Vomissements sans hyperglycémie ni acétonurie franche :

=> Ne jamais arrêter l'insuline, même si on ne mange pas, mais adapter les doses d'insuline selon les glycémies. Selon les cas, il peut être nécessaire de diminuer les doses, ou de les augmenter. Ce
 sont les glycémies qui commandent et non ce que l'on avale.

=> Consultation médicale indispensable si la situation ne s'arrange pas rapidement (car cause à
 traiter).


Que faire en cas de fièvre ou de maladie ?

Toutes les maladies, avec ou sans fièvre, peuvent être une cause de déséquilibre du diabète :
• par leurs effets propres (insulinorésistance),
• ou par les entraves qu'elles peuvent entraîner pour le traitement ou l'alimentation.

Schématiquement, quatre situations peuvent se présenter :
• soit la maladie est évidente et entraîne un déséquilibre du diabète,
• soit la maladie n'est pas au premier plan, mais un déséquilibre inexpliqué du diabète la fait découvrir,
• soit le déséquilibre du diabète aggrave l'évolution de la maladie, surtout des infections,
• soit le traitement de la maladie peut majorer les besoins en insuline (cortisone par exemple).

Dans toutes ces situations, il faut :
• faire des glycémies au doigt plus souvent,
• faire des contrôles urinaires (glycosurie et acétonurie) si la glycémie est élevée,
• maintenir son alimentation, au besoin en avalant des glucides facilement digestibles : jus de fruits, compotes de pommes, confitures, glaces...
• adapter les doses d'insuline selon ces contrôles (parfois réduire l'insuline, plus souvent l'augmenter, jamais l'arrêter),
• consulter rapidement son médecin pour le diabète, mais aussi pour le diagnostic et le traitement de la maladie qui déséquilibre le diabète.


Est-ce que les antibiotiques élèvent la glycémie ?

Ce ne sont pas les antibiotiques qui influencent la glycémie, c'est l'infection contre laquelle les antibiotiques ont été prescrits. En cas de fièvre, ou de maladie, l'insuline sécrétée par le pancréas ou injectée sous la peau a moins d'effets, ce qui élève la glycémie (on parle d'insulinorésistance transitoire, le temps que l'infection ait été maîtrisée).

Pour remédier à cela, si on est traité avec des injections, il suffit de majorer transitoirement les doses d'insuline. Ce sont en effet les glycémies qui commandent l'adaptation des doses, pas ce que l'on mange, et d'ailleurs même si on ne mange pas il n'est pas rare qu'il faille malgré tout augmenter les doses à un niveau supérieur à celui que l'on utilisait auparavant quand on n'était pas malade et que l'on mangeait.

Si on est traité uniquement avec des comprimés, on pourrait être tenté d'augmenter le nombre de comprimés, mais cela ne donne pas des résultats très satisfaisants car en l'absence d'infection il faut un certain nombre de jours pour obtenir les effets d'une nouvelle dose, et plus encore en cas d'infection. D'autre part, une infection ne dure habituellement pas très longtemps, et lorsque l'infection est maîtrisée la dose de comprimés est excessive (hypoglycémie) et il faut aussi un certain nombre de jours pour obtenir l'effet d'une réduction de doses. Par contre, il est indispensable de surveiller la glycémie pour savoir si on doit utiliser transitoirement de l'insuline le temps que l'infection soit maîtrisée. Cette surveillance est importante car les glycémies très élevées gênent la guérison de l'infection.

Quant au fait que certains antibiotiques ont un goût sucré, bien souvent il est dû à un édulcorant, et quand il est dû à la présence de sucre, la quantité présente est toujours très faible : au pire si le sachet ou la cuillère d'antibiotique était constituée uniquement de sucre (ce qui n'est pas le cas) cela ne correspondrait au volume que d'un morceau de sucre, c'est-à-dire 5 grammes, c'est-à-dire ce qui est contenu dans une tranche de pain d'un centimètre d'épaisseur.


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