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Diabète et excès de poids
L'excès de poids est fréquent en cas de diabète et bien souvent la
perte d'un peu de poids permet d'améliorer sensiblement le contrôle glycémique.
Perdre du poids, régime amaigrissant... «plus facile à dire qu'à
faire...» mais pas impossible même quand on est diabétique.
Règles de base trop souvent méconnues
• Tout d'abord, il faut savoir que le corps va «se défendre» vis-à-vis
des restrictions alimentaires.
Par exemple, si un repas est sauté tous les jours, la quantité de calories
quotidienne sera moindre, ce qui favorisera un début de perte de poids, mais
assez rapidement le corps va s'adapter à cette nouvelle situation, et la perte
de poids va s'arrêter.
De plus, parallèlement, la capacité à faire des réserves va devenir
plus importante, ce qui conduira à une reprise de poids rapide lorsque les apports
alimentaires reviendront à ce qu'ils étaient antérieurement. Et on
peut même dire que plus le nombre de repas par jour est faible, plus la capacité
de reprise de poids ultérieure est importante.
• Ensuite, il faut savoir qu'en cas de restrictions, les choix alimentaires se modifient
plus ou moins consciemment de façon progressive au profit des aliments à
forte densité énergétique.
Ainsi, un repas basé sur une tomate, une tranche de jambon, un morceau de pain,
un yaourt et un fruit, risque fort d'évoluer sous forme de crudités avec
assaisonnement, une portion de fromage, quelques tranches de charcuterie, le même
morceau de pain et une crème dessert.
Le changement, qui est motivé par le souhait de ne pas manger toujours la même
chose, semble légitime car le poids ou le volume des aliments sont identiques,
mais en fait la quantité de calories peut être multipliée par deux
ou davantage.
Par contre, si le repas avait été basé sur une assiette de crudités
sans matière grasse, une assiette de légumes verts chauds, une grillade
ou du poisson cuit sans matière grasse, du fromage blanc 0 %
et un fruit, le volume des aliments aurait été deux à trois fois plus
important, mais la majoration calorique aurait été beaucoup moindre.
«Manger moins souvent et le moins possible», qui paraît logique en
première intention, devrait donc plutôt être «manger très
souvent, et le plus possible, des aliments faiblement énergétiques».
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Manger très souvent, et le plus possible, des aliments faiblement énergétiques. |
• Un autre problème qui peut gêner la perte de poids est qu'il n'y a pas
de parallélisme entre les besoins en énergie de l'organisme et la sensation
de faim.
On peut en effet avoir faim alors que les besoins en énergie pour faire fonctionner
l'organisme sont déjà pleinement satisfaits. Autrement dit, la sensation
de faim n'est pas un bon indicateur des besoins en énergie de l'organisme.
Le besoin en énergie de l'organisme est bien entendu une des composantes de
la sensation de faim, mais il en existe bien d'autres qui sont en relation avec le
plaisir apporté par ce que l'on mange. Et l'observation quotidienne montre que
bien souvent on ne peut se détacher du plaisir de manger que si on trouve ailleurs
«sa dose de plaisir».
Par conséquent, perdre du poids signifie souvent devoir changer son mode de
vie, trouver d'autres satisfactions, et pas seulement agir sur ce que l'on mange.
De plus, étant donné que le plaisir de manger est un élément
fondamental du vécu, on ne peut pas non plus tolérer longtemps de ne plus
avoir de plaisir en mangeant.
Il faut donc manger autrement tout en éprouvant du plaisir, et savoir changer
son mode de vie pour éprouver du plaisir dans d'autres activités.
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Perdre du poids en agissant uniquement
sur ce que l'on mange est souvent illusoire |
• Une croyance fréquente est de croire que l'activité physique n'est pas
indispensable pour maîtriser son poids.
C'est une erreur car au fur et à mesure des jours, l'organisme, qui ne sait
pas combien de temps va durer la diminution des apports alimentaires, s'adapte en
diminuant son besoin de base et en dépensant de moins en moins d'énergie
pour les mêmes niveaux d'activité physique. Et si l'activité physique
est inchangée, il y a par conséquent une diminution puis un arrêt
de la perte de poids.
D'autre part, une perte de poids sans activité physique aboutit à perdre
plus de masse musculaire que si on maigrit en ayant une activité physique,
or les muscles ont un rôle majeur dans l'utilisation de l'énergie et la
régulation de la glycémie.
Par conséquent, étant donné que les muscles aident beaucoup à
l'utilisation des calories avalées, l'idéal serait de perdre du poids sans
perdre de masse musculaire ou mieux encore en augmentant sa masse musculaire. D'autre
part, augmenter son capital musculaire ou même simplement le préserver
est très intéressant en cas de diabète car les muscles participent
de façon importante à la régulation de la glycémie.
L'activité physique ne doit donc pas être négligée pour perdre
du poids et il faudrait idéalement avoir des activités de type musculation
(travail de la force) et pas seulement des activités qui augmentent la dépense
énergétique sans favoriser le développement du capital musculaire
(travail de l'endurance).
• On ne perd pas du poids là où on veut en perdre.
Lorsqu'on perd du poids, on n'a aucun contrôle sur la provenance de la graisse
utilisée comme source d'énergie. Il y a en effet des lieux prioritaires
et des lieux secondaires du stockage de la graisse, ce qui aboutit à ce que
la graisse qui est utilisée en premier est la dernière qui a été
stockée (dernier arrivé, premier sorti).
Chez l'homme, l'ordre de dépôt est généralement l'abdomen, les
hanches, la poitrine, le haut des bras, les cuisses, les avant-bras, les mains, les
pieds et le visage. Ce qui implique par exemple que pour pouvoir diminuer de manière
significative la graisse abdominale, il faut déjà brûler la graisse
présente au niveau du visage, des pieds, des mains, des cuisses, des bras et
de la poitrine.
Chez la femme, les premières zones de dépôts sont généralement
les fesses, le haut des cuisses, l'arrière des bras et le haut du dos. Ce que
traduit la phrase bien connue «quand on suit un régime on a une sale tête
avant d'avoir de belles fesses».
Lipides, protéines et glucides
Il y a trois groupes d'aliments qui apportent des calories : les lipides (huile,
beurre, fromage, charcuterie, aliments gras), les protéines (viande, poisson,
blanc d'oeuf) et les glucides (féculents, farine, pain, fruits). L'alcool, qui
apporte aussi des calories en quantité non négligeable (7 calories pour
1 gramme), n'est pas indispensable à une alimentation équilibrée,
et il vaut donc mieux ne pas en boire dans l'intervalle des repas, et se limiter
à un verre de «bon vin» uniquement aux «grandes occasions».
Lipides
En ce qui concerne les lipides, il faut savoir qu'ils apportent 9 calories pour 1
gramme, alors que les protéines et les glucides n'apportent que 4 calories pour
1 gramme.
Par exemple, 8 grammes d'huile (contenant 100 % de graisses) ou 10 grammes de beurre
(contenant 85 % de graisses) apportent autant de calories que 90 grammes de pommes
de terre vapeur ou de pâtes (contenant 20 % de glucides).
Autrement dit, la graisse de cuisson de la viande et la noisette de beurre que l'on
ajoute sur les pommes de terre ou les pâtes peuvent majorer de façon importante
le nombre de calories du plat. D'autre part, les graisses avalées n'ont pas
besoin d'être beaucoup transformées pour être stockées sous forme
de graisses sous la peau.
«Faire la chasse aux graisses» est donc primordial et «quelques gouttes
suffisent» pour anéantir de façon sournoise les efforts faits par
ailleurs. De plus, bien des graisses sont cachées dans les aliments. Ainsi,
le fromage est un concentré de la graisse du lait, la charcuterie contient 50
à 70 % de graisses, les brioches et croissants contiennent beaucoup plus de
graisses que le pain...
Et les produits dits «allégés» ne sont bien souvent pas une solution.
En effet, la mention «allégés» peut figurer sur un produit contenant
simplement 25 % de moins que le même produit «non allégé»,
ce qui fait que leur consommation sans modération conduit à un apport calorique
plus important que la consommation très prudente du même aliment «non
allégé».
En ce qui concerne les produits laitiers, il faut savoir que le pourcentage de matière
grasse est exprimé par rapport au poids sec, ce qui fait que pour un même
pourcentage de matière grasse la quantité de graisse est d'autant moins
importante que l'aliment est riche en eau. Par exemple, il y a trois fois moins de
matière grasse dans 100 g de fromage blanc à
40 % MG que dans 100 g de gruyère à 40 % MG, car le fromage blanc contient
beaucoup plus d'eau, or le fromage blanc à 40 % MG est le fromage blanc le plus
gras que l'on puisse trouver tandis qu'un gruyère à 40 % MG est un gruyère
allégé en graisses. Il vaut donc mieux privilégier les produits laitiers
que l'on mange «à la cuillère» (yaourt, fromages blancs...) plutôt
que ceux que l'on mange «au couteau» (fromages) qui sont bien plus riches
en matière grasse même si les pourcentages de matière grasse indiqués
sur les produits sont identiques. D'autre part, les produits laitiers que l'on mange
«au couteau» «appellent le pain»...
Protéines
Les protéines ne sont pas uniquement intéressantes parce qu'elles n'apportent
que 4 calories pour 1 gramme.
Il se trouve que le corps ne sait pas transformer les protéines en graisses,
et très schématiquement, si dans une ration quotidienne on remplaçait
500 calories de lipides ou de glucides par 500 calories de protéines, le résultat
serait d'une part une absence de faim étant donné que le nombre de calories
ne serait pas diminué, et d'autre part une incapacité de transformer ces
calories en graisses sous la peau.
Autrement dit, les protéines qui ont essentiellement un rôle dans le renouvellement
de la structure du corps, ne doivent pas être négligées dans une alimentation
visant à maîtriser son poids, car elles constituent en quelque sorte un
«volant de sécurité» permettant d'apporter des calories à
partir desquelles il ne pourra pas y avoir prise de poids.
La difficulté est cependant que la plupart des protéines sont associées
à de la graisse dans la plupart des aliments. Autrement dit, il faut ne pas
négliger les protéines, mais tout en évitant les lipides, c'est-à-dire
privilégier les viandes blanches et les poissons, ou les viandes rouges les
moins grasses, en veillant bien à éviter les matières grasses de cuisson
ou d'assaisonnement (cuisson au gril, à la vapeur, au court bouillon, en papillotes,
au four...).
Les besoins de base étant schématiquement l'équivalent d'un steak
haché de 100 grammes par jour, il est légitime de manger de la viande ou
du poisson à midi et le soir.
Glucides
Les glucides, qui apportent 4 calories pour 1 gramme, peuvent être stockés
sous forme de graisses sous la peau, mais avant que ce mécanisme soit mis en
oeuvre, ils servent à payer les dépenses énergétiques en cours,
ainsi qu'à rembourser les dettes énergétiques récentes.
Autrement dit, si on a eu une dépense physique au cours des heures précédentes
(promenade, jardinage, ménage, sport...) ou si la dépense est encore en
cours, ou si une activité physique sera débutée juste après le
repas, les glucides serviront d'abord aux dépenses énergétiques en
cours, et à reconstituer les réserves musculaires et hépatiques, avant
d'être stockés sous forme de graisses sous la peau.
Les glucides sont donc beaucoup moins susceptibles de favoriser une prise de poids
que les lipides, et pour éviter que la glycémie ne s'élève, ainsi
que pour éviter de mettre à disposition trop rapidement de l'énergie
non immédiatement nécessaire, il faut assurer une digestion lente du repas,
soit en consommant simultanément des aliments non glucidiques et non lipidiques
(protéines non grasses et fibres), soit en consommant des légumes secs
(fèves, flageolets, lentilles, haricots rouges, haricots blancs, pois cassés,
pois chiches...) qui sont en fait la seule source réelle de «sucres lents».
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Faire la chasse aux graisses, |
Sur le plan pratique
«Faire la chasse aux graisses, ne pas négliger les protéines, et composer
des repas à faible index glycémique» revient à toujours associer
quatre éléments : une part de crudités, une part de légumes verts
chauds, une part de viande ou de poisson, un laitage allégé, et un cinquième
élément glucidique comportant féculent et/ou pain et/ou fruit, le
tout cuisiné avec le minimum de matière grasse.
Attention, votre régime ne doit pas vous donner faim, et ne doit pas vous donner
un sentiment de frustration.
Plutôt que de regretter vos anciennes habitudes, partez à la recherche
de nouveaux goûts et de nouvelles recettes.
Votre objectif doit être un changement progressif et durable de vos habitudes
alimentaires.
Bien entendu, la pratique d'une activité physique régulière, d'intensité
modérée, est recommandée, et les médicaments destinés à
faciliter la perte de poids ne peuvent être utiles qu'associés à une
diététique appropriée.
Enfin, il existe assez souvent des facteurs psychologiques qui ont favorisé
la prise de poids, ou qui entraînent une résistance à la perte de
poids, et une prise en charge psychothérapique peut être utile.
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Une part de crudités, |
Comment définit-on le «poids normal» ?
Le poids de chaque individu dépend de sa taille, de son sexe, de l'importance
de son squelette, de ses muscles et de ses graisses situées sous la peau ou
à l'intérieur du corps.
D'un point de vue médical, le «poids idéal théorique» correspond
au poids qui conduit au risque le plus faible de mortalité et de maladies (diabète,
augmentation des graisses dans le sang, hypertension et maladies cardiovasculaires,
difficultés respiratoires, problèmes articulaires...) liées au poids.
Il s'agit donc du poids théorique sensé assurer un état de santé
optimal.
Deux approches ont été utilisées pour essayer de déterminer au
mieux ce «poids idéal théorique» :
• L'approche statistique consiste à établir des relevés statistiques
du poids en fonction de la taille et du sexe au sein d'une population. La répartition
des résultats a l'aspect d'une courbe en cloche (courbe de Gauss) permettant
de déterminer un poids médian, correspondant au «poids idéal
théorique», ainsi que les valeurs hautes et basses du «poids normal»
par rapport à ce poids médian. Ces études ont conduit à l'élaboration
de tables de référence où d'autres paramètres sont assez souvent
pris en compte, tels que l'âge et l'épaisseur du squelette. Il faut cependant
signaler que ces tables ne sont valables que pour les individus de la population
étudiée, et qu'elles ne sont pas obligatoirement utilisables dans d'autres
populations (par exemple des tables établies à partir d'une population
scandinave ne sont pas utilisables pour une population méditerranéenne).
• L'approche empirique, qui est plus ancienne, a tout d'abord consisté
à essayer de trouver une formule mathématique permettant de calculer le
«poids idéal théorique», à une époque où on ne
disposait pas de tables de référence établies à l'aide d'outils
statistiques. Elle a ensuite consisté à essayer de «faire coller»
au mieux les résultats des formules aux résultats statistiques des tables
de référence, de façon à pouvoir déterminer le poids médian
de ces tables, mais sans utiliser ces tables de référence.
Le «poids normal» n'existe donc pas en tant que tel, mais est une «fourchette
de poids» que l'on peut considérer comme «normale» car souhaitable
pour assurer une état de santé optimal.
Par définition, l'excès de poids commence là où le poids est
supérieur à la valeur haute de la fourchette de «poids normal».
Cette valeur haute de la fourchette de «poids normal» est disponible dans
les tables de référence puisqu'elle sert à l'élaboration de ces
tables. Par contre, sa détermination est plus délicate lorsque le «poids
idéal théorique» est calculé par une formule. Par convention,
on parle d'excès de poids à plus de 10 % du poids calculé, et d'obésite
à plus de 20 % du poids calculé.
Formule de Broca
La formule de Broca est la plus ancienne et la plus simple à calculer.
Poids = Taille - 100
Taille en centimètres. Poids en kg.
Par exemple, si la taille est de 165 cm, le «poids normal» est de 65
kg. Cependant, elle surestime le «poids normal» chez la femme, ainsi que
le poids lorsque la taille est supérieure à 165 cm, tant chez l'homme que
chez la femme. Pour pallier à ces inconvénients, il a été proposé
de multiplier le résultat par 0,9 chez la femme, ainsi que d'utiliser Poids = Taille - 105 entre 165 et 174 cm, et Poids = Taille - 110
au-dessus de 175 cm, chez l'homme ou la femme. Cependant ces modifications relatives
à la taille ne sont pas satisfaisantes car elles aboutissent des résultats
corrigés en «dents de scie» entre 166 et 176 cm.