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Diabète et activité physique


Les muscles utilisent le sucre pour en tirer l'énergie nécessaire à leur fonctionnement. Il y a donc un bénéfice majeur dans l'activité physique, puisqu'elle fait baisser la glycémie. De plus, si l'activité physique est régulière, l'insulinorésistance musculaire est plus faible, et le diabète est plus facile à équilibrer.

Par ailleurs, la pratique régulière d'une activité physique permet de favoriser la perte de poids en cas d'excès de poids, ou de maintenir un poids satisfaisant, d'entretenir le coeur et les artères pour qu'ils s'abîment moins avec les années, et peut aussi aider à s'arrêter de fumer, ce qui est aussi très bénéfique pour le coeur et les artères.

Enfin, l'activité physique contribue à un meilleur équilibre psychologique, et la forme physique favorise un style de vie heureux et sain.

L'activité physique est un élément essentiel du traitement, au même titre que l'alimentation ou les médicaments

Activité physique = facteur
 d'équilibre


Bouger son quotidien, c'est déjà une activité physique !

Il faut bien comprendre qu'avoir une activité physique régulière ne signifie pas obligatoirement pratiquer un sport et s'inscrire dans un club !

L'important est que les muscles fonctionnent régulièrement au quotidien, et ceci est parfaitement possible, et déjà efficace en ce qui concerne la régulation de la glycémie, sans inscription ni équipement particulier.

Il suffit tout simplement d'y réfléchir un peu au début, et de prendre de nouvelles habitudes.

Par exemple :

• Pour les déplacements à pied sur de courtes distances que vous effectuez déjà tous les jours, marchez d'un pas un peu plus rapide.
• En bus ou en métro, descendez une station avant ou après votre destination.
• Pour les courses de proximité, un déplacement à pied ne vous prendra pas beaucoup plus de temps qu'en voiture, voire même sera plus rapide.
• Au supermarché, ne pestez plus de ne pas trouver à vous garer le plus près possible de l'entrée du magasin. Vous trouverez facilement de la place en bordure du parking et ceci vous prendra moins de temps que de tourner en rond à la recherche de la place idéale pour marcher le moins possible.
• Dans les grands magasins, ne vous agglutinez plus sur les escalators, prenez les escaliers. Il y a bien plus de place et toujours moins de monde.
• Pour vous rendre à votre travail en sortant du parking, variez les itinéraires, prenez une rue parallèle ou encore une autre rue où vous ne passez habituellement pas. Cela ne vous prendra pas plus de temps si vous marchez d'un pas un peu plus rapide.
• Pour monter d'un ou deux étages à votre travail, prenez les escaliers plutôt que d'attendre un ascenseur déjà bondé.
• Si votre état de santé vous le permet, déplacez vous plutôt en vélo ou même en roller, plutôt qu'en voiture.
• Si vous avez une maison à plusieurs étages, ne déposez plus devant les escaliers ce qu'il faudra monter ou descendre à un autre étage lorsque vous aurez une «bonne» raison d'y monter ou d'y descendre. Allez-y immédiatement, tout simplement.
• Si vous êtres abonné au journal local et qu'il est déposé dans votre boîte à lettres tôt le matin, allez le chercher pour le lire pendant votre petit déjeuner, plutôt que d'attendre midi pour le chercher en même temps que le courrier apporté par votre facteur.
• Vous envisagez depuis quelque temps d'avoir un chien. N'attendez plus, c'est un excellent moyen pour vous imposer de sortir régulièrement plusieurs fois par jour.
• Bricolez, jardinez, bougez votre quotidien...

Tout ceci permet de commencer à améliorer les choses, presque sans que vous vous en rendiez compte...

Bouger son quotidien,
c'est très simple et efficace

Il suffit d'y réfléchir un peu...


La marche à pied ... ça marche aussi ;-)

Vous appliquez déjà les conseils précédents, vous avez même trouvé quelques astuces supplémentaires, cela vous a montré que bouger vous apportait un mieux-être, et vous souhaitez en faire davantage, mais vous n'osez pas...

Ou à l'inverse la modification de ces petits moments plusieurs fois par jour est un bouleversement difficilement envisageable de vos habitudes...

Dans les deux cas, avoir des temps de marche à pied trois fois par semaine vous sera particulièrement utile.

En effet, différentes études ont déterminé que trois fois une heure de marche par semaine «à bonne allure», c'est-à-dire sans transpirer ni être essoufflé, permettent d'améliorer sensiblement le niveau des glycémies, même les jours sans activité physique notable.

Sans aller jusqu'au jogging matinal quotidien des années 90, cette pratique simple vaut la peine d'être envisagée. Cela nécessitera peut-être de revoir l'organisation de vos journées, mais le jeu en vaut la chandelle tant pour le diabète que «se vider la tête» et se sentir en meilleure forme physique et psychologique.

Trois fois une heure de marche par semaine «à bonne allure» permettent déjà d'améliorer sensiblement le niveau des glycémies, même les jours sans activité physique notable


Mais tout est possible ... ou presque ...

Pour les activités plus structurées, il vaut mieux choisir les activités physiques progressives et prolongées, et privilégier l'endurance plutôt que la performance.

Outre la marche, le type d'activité le plus simple est certainement la gymnastique. C'est aussi une activité d'intensité constante et elle peut être pratiquée longtemps. Vous pouvez facilement la pratiquer quand vous en avez envie, sans besoin d'installations particulières ni d'équipement onéreux. Tout comme la marche, elle est bénéfique pour votre coeur, vos poumons et vos artères.

Le jogging et la bicyclette le sont également. Mais n'oubliez pas pour autant le jardinage, la danse classique ou moderne, le tourisme équestre ou pédestre, la natation, les sports d'équipe...

Par contre, les sports de contact comme la boxe, le rugby et les sports de combat sont à éviter car les traumatismes répétés, même faibles, peuvent favoriser la survenue d'hémorragies rétiniennes en cas d'atteinte oculaire par le diabète. De même, sont également à éviter les sports motorisés ou ceux qui comportent un risque trop important pour le pratiquant ou pour l'entourage, en cas d'hypoglycémie. Citons notamment la plongée sous-marine, l'alpinisme, le vol à voile, le deltaplane, le parapente et le parachutisme.

Pour les activités sportives individuelles à l'extérieur et de longues durées (balade en montagne, randonnée à ski par exemple) faites-vous de préférence accompagner par une personne au courant de votre diabète, des signes d'hypoglycémie et sachant la traiter efficacement et rapidement.

Si vous vous inscrivez dans un club, n'oubliez pas de prévenir une personne responsable du club que vous êtes diabétique, et expliquez-lui comment vous aider à vous resucrer en cas de malaise hypoglycémique.

En ce qui concerne l'équipement, une attention particulière doit être portée aux chaussures car les pieds, qui sont souvent mal traités au cours des exercices physiques, sont également menacés par le diabète.

Savez-vous que plusieurs joueurs de certaines équipes de football de 1° et 2° divisions sont diabétiques insulinodépendants, et que plusieurs athlètes des derniers jeux olympiques étaient également diabétiques insulinodépendants ?


Que se passe-t-il pendant l'activité physique ?

L'activité physique entraîne une augmentation de la consommation en énergie des muscles :
• Cette énergie provient d'abord du glycogène présent dans les muscles, puis du sucre qui est fourni aux muscles à partir du glycogène en réserve dans le foie. La libération de sucre par le foie est possible parce que le pancréas diminue sa fabrication d'insuline, ce qui permet la libération de sucre à partir du glycogène en réserve dans le foie. Chez l'adulte, la réserve en glycogène des muscles peut être estimée à 300 g, celle du foie peut être estimée à 100 g, et ces 400 g de glycogène ne représentent que 90 minutes d'effort intense. Quand les réserves sont épuisées, c'est le «coup de pompe» sauf si on «refait le plein» en mangeant des aliments apportant du sucre.
• Après un certain temps d'activité physique, les muscles utilisent également certaines graisses, appelées acides gras libres, provenant des réserves de graisses de l'organisme, dont la libération est également favorisée par la diminution de l'insuline.

Autrement dit, au moment des repas, l'organisme fonctionne de manière à mettre en réserve le sucre dans le foie et les muscles (la sécrétion d'insuline augmente), alors que pendant l'activité physique, l'organisme fonctionne «en sens inverse», de façon à permettre l'utilisation du glycogène stocké dans les muscles, et la libération du sucre qui avait été mis en réserve dans le foie (la sécrétion d'insuline diminue) => Après un repas n'est pas le meilleur moment pour l'activité physique.

Pour que l'activité physique se déroule au mieux, il faut donc :
• que les réserves dans les muscles et dans le foie soient «au top niveau» avant de débuter l'activité physique,
• que l'insuline présente dans le sang soit basse au moment de l'activité physique, afin que l'organisme travaille dans le sens d'une libération du sucre en réserve dans le foie, et non pas dans le sens d'une mise en réserve dans le foie,
• que des glucides soient avalés pendant l'activité physique, pour faire face au supplément de glucides que le foie ne pourrait pas produire pendant l'activité physique,
• que des glucides soient avalés après la fin de l'activité physique, pour reconstituer les réserves en glycogène du foie et des muscles.

En pratique, cela veut dire :

Activité physique =

•  Avant-dernier repas riche en glucides d'absorption lente
•  Chez le DID, diminution de la dose d'insuline si l'effort prévu est important
•  Collations avant, pendant et après l'effort

• C'est l'avant-dernier repas qui doit être riche en glucides d'absorption lente, et non pas un repas juste avant l'activité physique, car dans ce cas l'organisme travaillerait pendant l'activité physique dans le sens d'une mise en réserve dans le foie.
• Il est important de ne pas oublier la collation après l'effort, car après la fin de l'activité physique les muscles vont reconstituer leurs réserves en glycogène à partir du sucre dans le sang, ce qui risque d'entraîner une hypoglycémie parce que l'effort a fortement diminué la réserve en glycogène du foie.

L'entraînement, c'est-à-dire la pratique régulière d'une activité physique, apporte des bénéfices pour les prochains exercices physiques, ainsi que dans l'intervalle des moments d'activité physique :

• L'entraînement augmente la capacité de stockage du glycogène dans les muscles, or les glycémies après repas dépendent beaucoup de la captation du sucre par les muscles => chez les diabétiques ayant une activité physique régulière, les glycémies sont donc plus basses après les repas même si l'activité physique n'a pas lieu après les repas.

• L'entraînement augmente le nombre des récepteurs des cellules pour le glucose, ce qui permet un meilleur transport du sucre du sang vers les muscles avec moins d'insuline => l'entraînement «économise le pancréas» chez les diabétiques non insulinodépendants (dose moindre de comprimés et comprimés efficaces pendant quelques années supplémentaires) ou permet d'utiliser une plus faible dose d'insuline chez les diabétiques insulinodépendants (=> moins de risque d'hypoglycémie pendant l'effort et en dehors de l'effort).

• L'entraînement facilite l'utilisation pendant l'effort d'autres aliments comme les acides gras libres fournis à partir des réserves en graisses => les muscles ont moins besoin de sucre pour fonctionner => meilleure capacité d'effort et moins de risque d'hypoglycémie chez le diabétique entraîné que chez le diabétique non entraîné.

• L'entraînement accroît les possibilités de travail du coeur et des artères, ce qui est bénéfique pour l'ensemble de l'organisme.

Activité physique régulière =

•  Glycémies après repas plus basses
•  Comprimés efficaces pendant un plus grand nombre d'années (DNID)
•  Dose plus faible d'insuline (DID)
•  Meilleure capacité d'effort
•  Moins d'hypoglycémie pendant l'effort
•  Entretien du coeur et des artères


Comment faire en pratique ?

Avant de commencer ou de recommencer la pratique d'un sport, parlez-en à votre médecin. Il vous dira s'il juge votre choix compatible ou non avec votre état de santé.

A quel moment dans la journée ?

On pourrait penser que le meilleur moment pour cette activité physique serait juste après un repas, parce qu'à ce moment la glycémie est le plus élevée. Mais ce ne serait pas une bonne idée car après un repas, l'organisme fonctionne de manière à mettre en réserve les aliments dans le foie et les muscles, et non pas pour permettre leur utilisation par les muscles.

Il faut donc avoir terminé son dernier repas complet suffisamment tôt avant de se mettre en action :
• minimum trois heures pour une activité intense,
• une à deux heures pour une activité plus faible.

Quel repas avant l'activité physique ?

Dans tous les cas, il faut veiller à ce que le repas qui précède la période d'activité physique apporte une ration normale de glucides.

Mais s'il s'agit d'une activité physique intense, il est très souhaitable que les réserves en glycogène du foie et des muscles soient au «top niveau».

Pour cela, l'apport de glucides d'un repas juste avant une activité physique intense arrive un peu tard pour faire le plein en glycogène. De plus, il est difficile de faire du sport après un repas abondant, «ventre repu, baisse des accus».

Il faut donc augmenter la ration de glucides de l'avant-dernier repas, par exemple :
• pour une activité sportive intense dans la matinée (randonnée à ski par exemple), il faut «recharger les accus» par le repas de la veille au soir en consommant des sucres d'absorption lente en quantité suffisante (environ une fois et demie de ce qu'elle est d'habitude) : pâtes, spaghettis, riz... ou mieux encore, des légumes secs tels que lentilles, flageolets... mais la tolérance digestive est généralement moindre,
• si l'activité sportive intense a lieu dans l'après-midi, il faut prendre un petit déjeuner copieux et complet «à l'anglaise»,
• si l'activité sportive intense a lieu en soirée (match de football par exemple), c'est le repas de midi qui doit être particulièrement riche en sucres d'absorption lente.

Au total, avant tous les efforts, le dernier repas doit avoir une ration normale en sucres d'absorption lente, et pour les efforts très intenses ou prolongés il faut également que l'avant-dernier repas soit enrichi en sucres d'absorption lente.

Apport en sucre pendant l'activité physique

En cas d'activité physique modérée (sport de loisir sans esprit de compétition) il est bon de consommer 30 grammes de sucre, toutes les heures, dès le début de l'activité et aussi longtemps que dure cette activité. En cas d'activité intense et prolongée plusieurs heures (compétition sportive) la quantité de sucre doit être plus importante, de l'ordre de 50 à 60 grammes par heure.

Cet apport peut être réalisé par des fruits secs, des pâtes de fruit, des barres chocolatées, du pain d'épices ou des biscuits, mais pour compenser également les pertes en eau dues à la sueur, le plus simple est de boire également une boisson sucrée régulièrement toutes les heures pendant l'effort. Par exemple, une petite brique de 200 ml jus de pomme + un fruit en cas d'effort modéré, ou un quart de litre de jus de pomme + 2 fruits ou 50 grammes de biscuits en cas d'activité intense et prolongée.

Il faut cependant savoir que la concentration en sucre des jus de fruits courants (entre 10 et 12 %) est un peu plus élevée que la concentration qui permet le passage le plus facile du sucre de l'intestin vers le sang. Ceci est dû au fait que si la concentration était optimale du point de vue de l'absorption intestinale, le goût sucré ne serait pas jugé suffisant par pratiquement tous les consommateurs. Autrement dit, pour que le sucre présent dans les jus de fruits courants puisse arriver le plus rapidement possible dans le sang, il est souhaitable d'ajouter un tiers d'eau aux quantités préconisées.

Apport en eau pendant l'activité physique

La sensation de soif est un indicateur insuffisant de la perte en eau au cours de l'effort. De plus, lorsque la transpiration est importante, la consommation spontanée en eau est inférieure à la perte réelle en eau :
• lorsque la transpiration est de 200 ml par heure, la consommation spontanée commandée par la sensation de soif couvre environ 95 % du déficit,
• si la transpiration est de 500 ml par heure, la consommation spontanée ne compense que 75 % des pertes,
• si la transpiration est de 750 ml par heure, la consommation spontanée ne compense que 55 % des pertes.

Il faut donc boire régulièrement et dès le début de l'effort, et lors des efforts importants et prolongés, surtout par fortes chaleurs, il est indispensable de ne jamais attendre d'avoir soif pour se désaltérer (il faut boire par principe toutes les heures même si on n'a pas soif).

Echauffement et relaxation

Il faut toujours s'échauffer avant l'activité physique et se relaxer après. Il est bon de faire des exercices d'étirement et d'assouplissement 5 à 10 minutes avant et après l'action.

Connaissez vos limites

Faire de l'exercice ne doit pas vous épuiser. Vous ne devez pas terminer livide et essoufflé. Surveillez la rapidité de votre respiration et des battements de votre coeur. Plus vous serez en forme et plus votre coeur battra lentement.

Trente minutes d'activité quatre fois par semaine permettent de garder un minimum de forme physique.

Il est important de bien comprendre qu'il vaut mieux une activité physique légère mais quotidienne, plutôt qu'une activité intense de temps en temps.

Apprenez à doser votre effort dans sa durée et dans son intensité.

Contrôlez votre glycémie au doigt avant et après votre activité physique de façon à juger si l'adaptation de votre alimentation a été suffisante, insuffisante ou exagérée. Avec un peu d'habitude, vous arriverez à déterminer l'apport d'aliments qu'il vous faut pour couvrir votre activité habituelle.

Si votre diabète est déséquilibré pour une raison ou une autre, le sport n'est pas le bon moyen pour faire baisser vos glycémies, et dans ce cas l'activité physique peut même augmenter le niveau de glycémie et faire apparaître de l'acétone.

Après l'activité physique

N'oubliez pas que votre foie et vos muscles ont puisé dans leurs réserves de glycogène pour nourrir vos muscles pendant votre activité physique. Si cette activité a été intense ou prolongée, il faut reconstituer vos réserves en glycogène en prenant une collation de sucres rapides dès la fin de l'exercice, et en veillant à ce que la ration en glucides soit suffisante au cours du repas suivant, sinon une hypoglycémie peut survenir dans les heures, dans la nuit ou même dans la journée suivantes.

Si vous avez également beaucoup transpiré pendant votre activité sportive, le plus simple pour compenser également la perte d'eau est de boire à volonté une boisson sucrée après l'effort. Rappelez-vous que la soif est un indicateur imparfait de la perte réelle en eau, et souvent lorsque la soif est satisfaite les pertes en eau ne sont en fait pas complètement compensées.


Chez le diabétique de type 2

Lorsqu'un traitement par des comprimés est utilisé, le pancréas est capable de fabriquer de l'insuline en quantité variable selon le niveau de glycémie : si la glycémie s'élève la fabrication d'insuline augmente, si la glycémie baisse la fabrication d'insuline diminue (le «thermostat» est encore présent).

Le risque d'hypoglycémie pendant l'effort est donc bien moindre que lorsque l'on utilise de l'insuline, mais il y a quand même un risque d'hypoglycémie lors des efforts importants et prolongés lorsque l'on utilise des sulfamides hypoglycémiants (les glinides, les biguanides et les inhibiteurs des alpha glucosidases n'entraînent pas ou peu de risque d'hypoglycémie).

On pourrait penser qu'il soit utile de diminuer le nombre de comprimés avant une activité physique importante (par exemple, ne pas prendre ses comprimés contre le diabète le matin d'une randonnée à pied ou en vélo). Mais en fait, cela ne l'est pas, car lorsqu'on diminue le nombre de comprimés il faut plusieurs jours pour obtenir les effets correspondant à la nouvelle dose. Autrement dit, la diminution du nombre de comprimés n'apparaît réellement utile que dans des cas particuliers, par exemple lorsque le diabète est particulièrement bien maîtrisé, et qu'une semaine de ski va avoir lieu, on peut envisager, avec l'accord de son médecin, de diminuer la dose de comprimés au cours des jours précédant le départ, et de ne revenir à la dose habituelle qu'après le séjour en montagne.


Chez le diabétique de type 1

Lorsqu'un traitement par l'insuline est utilisé, l'insuline est libérée à partir de l'injection sous la peau, que l'on ait une activité physique ou que l'on n'en ait pas, ce qui empêche la libération adéquate, par le foie, du sucre nécessaire au fonctionnement des muscles, et il y a un risque d'hypoglycémie si les muscles utilisent plus de sucre que le foie peut en fournir.

Ne pas faire l'injection d'insuline n'est pas une bonne idée

Ne pas faire l'injection d'insuline qui devrait agir pendant l'activité physique n'est pas une bonne idée car, lorsque l'insuline présente dans le sang est très insuffisante, cela entraîne obligatoirement une forte augmentation de la production de sucre par le foie, or ce sucre ne peut pas être utilisé par les muscles puisqu'il n'y a pas assez d'insuline pour permettre l'entrée du sucre dans les muscles.

La conséquence en est une augmentation importante de la glycémie, avec production d'acétone puisque les cellules utilisent les graisses de réserve à défaut de pouvoir utiliser du sucre.

C'est d'ailleurs ce qui peut se produire si on fait du sport lorsque le diabète est très mal équilibré. Dans ce cas le sport peut entraîner une aggravation du diabète.

Pour faire du sport, il faut donc que le diabète soit bien équilibré, et on ne peut pas compter sur une activité physique intense pour remplacer les effets de l'insuline chez les diabétiques très mal équilibrés.

Deux solutions sont possibles

• soit on ne modifie pas la dose d'insuline qui agira pendant l'effort, et les apports en sucre pendant l'effort devront être particulièrement importants et réguliers,
• soit on baisse la dose d'insuline qui agira pendant l'effort, et les apports en sucre pendant l'effort pourront être moins importants que dans le cas précédent.

En fait, l'importance de l'effort intervient également dans la décision :

• une promenade de deux heures a peu de chance de conduire à une hypoglycémie si on ne modifie pas sa dose insuline mais que l'on avale une collation,
• tandis qu'un match de tennis en tournoi de compétition a toutes chances de conduire à une hypoglycémie si on ne baisse pas sa dose d'insuline.

Quelle insuline faut-il diminuer ?

C'est bien entendu la dose d'insuline qui agira au moment de l'activité physique qu'il faut diminuer, par exemple :
• avec un traitement par deux injections d'un mélange d'insulines rapide et retard : diminution ou suppression de l'insuline rapide pour le sport le matin, diminution de l'insuline retard pour le sport dans l'après-midi,
• avec un traitement par deux injections d'insuline retard : diminution de l'insuline retard du matin pour le sport le matin ou l'après-midi ; ou mieux si le sport a lieu dans l'après midi : diminution de l'insuline retard du matin associé dans la même seringue à un petit supplément, exceptionnel ce jour là, d'insuline rapide pour couvrir les besoins normaux de la matinée.

Lorsque l'activité physique a été particulièrement intense et prolongée, il faut aussi diminuer de quelques unités la dose d'insuline retard suivant la période d'activité physique dans le but de prévenir une hypoglycémie nocturne lorsque le corps est en train de reconstituer ses réserves en glycogène à partir du sucre présent dans le sang.

Quelle dose d'insuline ?

• En cas d'activité modérée (sports d'équipe en dehors de véritables matchs, natation sans compétition, vélo à vitesse normale, entraînement de judo, danse...) il suffit en général de diminuer modérément, de 20 à 30 %, la dose d'insuline couvrant la période où aura lieu cette activité.
• En cas d'activité plus intense (ski, compétition de tennis, de natation, de sports d'équipe, course ou marche prolongées à vitesse soutenue, longues randonnées à vélo...) il faut alors diminuer la dose plus nettement, de 50 % ou parfois plus, en fonction de l'intensité de l'activité et de son retentissement possible sur la glycémie.
• Si on utilise un mélange «tout prêt» (par exemple 30/70 %) il est possible, en plus de la diminution de la dose, d'utiliser par sécurité pour cette occasion :
- de l'insuline «100 % retard» si l'activité physique doit avoir lieu dans les heures suivant l'injection,
- ou un mélange «tout prêt» comportant plus d'insuline rapide (par exemple 50/50 %) si l'activité physique doit avoir lieu pendant la fin d'action de l'insuline.
• Il est également possible de remplacer une injection d'insuline retard par deux injections d'insuline rapide.

Quelle zone d'injection ?

La libération de l'insuline peut augmenter si les muscles en activité se trouvent en dessous de l'endroit de l'injection de l'insuline. Il faut donc éviter d'injecter l'insuline dans une zone qui travaillera lors de l'activité physique. Par exemple, évitez de vous piquer dans le bras avant une partie de tennis, ou dans la cuisse avant une randonnée à bicyclette. Pour une activité qui sollicite l'ensemble des muscles (natation, ski, jardinage) préférez la peau de l'abdomen aux autres zones d'injection.

Après l'activité physique

• Il faut savoir que la libération de l'insuline peut être accélérée si vous prenez un bain très chaud, ou au cours d'une séance de sauna après l'effort. Dans ce cas, si vous utilisez un mélange d'insulines rapide et retard le soir après le sport, il peut être utile de diminuer également un peu la dose d'insuline rapide.
• Il faut également savoir qu'en cas d'activité intense et prolongée plusieurs heures, la réserve en glycogène du foie sera très abaissée, ce qui fait que, le Glucagon sera moins efficace, puisque son mode d'action consiste à faire remonter la glycémie en puisant dans la réserve en glycogène du foie.

En résumé

• La préparation à l'activité physique commence plusieurs heures avant de débuter cette activité (avant-dernier repas riche en glucides d'absorption lente).
• Les apports en sucre et en eau pendant l'effort sont toujours indispensables.
• La diminution ou non de la dose d'insuline, pendant l'effort, ou plus rarement après l'effort, est fonction de chaque cas particulier (sensibilité du diabétique à l'hypoglycémie pendant l'effort, intensité et durée de l'effort).


Activité physique = facteur d'équilibre

Contrairement à une notion malheureusement répandue, le diabète ne constitue donc pas une entrave à l'activité physique ou à la pratique sportive, bien au contraire, elle doit faire partie intégrante du traitement au même titre que l'alimentation et le traitement médicamenteux.

D'autre part l'activité physique contribue à un meilleur équilibre psychologique, qui ne peut être que bénéfique dans une maladie aussi contraignante que le diabète.

Le type d'activité physique importe peu, le principal est qu'elle vous apporte détente et plaisir.

Pour les plus sportifs de nombreuses possibilités existent et les diabétiques peuvent même arriver à des performances sportives excellentes comme cela a été démontré par certains champions olympiques.

Soyez patient et persévérant. Vous n'obtiendrez des bénéfices réguliers sur vos glycémies les jours d'activité physique, et durables les jours où vous ne pourrez pas avoir d'activité physique, qu'après plusieurs semaines de pratique régulière.

Souvenez-vous que la constance en matière de sport est la première des qualités, même lorsque l'on n'est pas diabétique. Faire de l'exercice doit faire partie de votre style de vie.

Mais il n'y a pas que les sports de haut niveau qui soient bénéfiques pour les diabétiques. La marche à pied, le jogging ou la gymnastique apportent également des effets bénéfiques pour l'équilibre du diabète.

Là encore, l'important est d'avoir une activité physique régulière, un peu tous les jours, plutôt que de façon intense et occasionnelle.

L'activité physique est un élément essentiel du traitement, au même titre que l'alimentation ou les médicaments


Bouger son quotidien,
c'est très simple et efficace

Il suffit d'y réfléchir un peu...


Trois fois une heure de marche par semaine «à bonne allure» permettent déjà d'améliorer sensiblement le niveau des glycémies, même les jours sans activité physique notable



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