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Pourquoi le diabète abîme-t-il
les petits vaisseaux ?
Contrairement à la macroangiopathie, l'atteinte des tout petits vaisseaux (artérioles
et capillaires), appelée microangiopathie, est caractéristique du
diabète.
Anatomie des petits vaisseaux
La structure des artérioles est dérivée de celle des artères
de plus gros calibre, mais les trois enveloppes concentriques sont plus simples et
plus minces.
Les cellules de l'endothélium reposent directement sur une fine couche de fibres
appelée membrane basale. Il n'y a pas de limitante élastique interne.
La média est formée d'une seule couche de fibres musculaires à disposition
annulaire. Il n'y a pas de limitante élastique externe. L'adventice est très
mince et n'est constituée que de quelques fibres de collagène.
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Les capillaires font suite aux artérioles, de façon très progressive.
La couche de fibres musculaires de la média devient discontinue puis disparaît.
L'adventice disparaît également. Le capillaire est alors uniquement constitué
par les cellules de l'endothélium qui reposent sur une membrane basale.
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Constitution de la microangiopathie
La microangiopathie est caractérisée par une perturbation des échanges
entre le sang et les tissus.
Cette perturbation est la conséquence de modifications moléculaires et
tissulaires irréversibles liés à l'excès de glucose :
• Glycation des protéines : Le glucose a la propriété
de se lier à certains acides aminés constitutifs des protéines. Dans
un premier temps cette liaison est réversible lorsque la glycémie est normalisée,
puis cette liaison devient faiblement réversible et aboutit à des composés
appelés cétoamines dont le plus connu est l'hémoglobine glyquée (HbA1c) qui permet d'avoir un témoin
de la moyenne des glycémies des derniers mois. Le processus de glycation évolue
ensuite avec formation de composés qui s'accumulent de façon irréversible
malgré la normalisation de la glycémie. Il en résulte une altération
des fonctions et de la structure des protéines qui est assimilable à un
vieillissement accéléré.
• Glycosylation auto-oxydative : Le glucose en excès peut s'auto-oxyder
en composés très réactifs responsables d'altérations des protéines.
Dans ce cas il n'y a pas liaison initiale du glucose aux protéines, mais formation
de composés qui altèrent les protéines.
• Voie des polyols : Les cellules de la rétine et du rein ont la particularité
d'être perméables au glucose même en l'absence d'insuline. Le glucose
qui pénètre en excès dans ces cellules, et qui ne peut pas être
utilisé normalement, se transforme en sorbitol sous l'effet d'une enzyme appelée
aldose réductase. Cette voie métabolique des polyols existe aussi chez
les personnes non diabétiques mais elle n'est pas utilisée car le glucose
qui pénètre dans les cellules peut être utilisé autrement. Par
contre, en cas de diabète le glucose en excès conduit à la fabrication
et à l'accumulation de sorbitol qui entraîne une perturbation des fonctions
cellulaires ainsi qu'une augmentation de la pression dans les capillaires de la rétine
et du rein. L'accumulation de sorbitol se produit également au niveau du cristallin
où cela favorise la cataracte, et au niveau des nerfs où cela favorise
la polynévrite.
• Modification de l'expression des gènes : Des données récentes
établissent que l'excès de glucose peut modifier au niveau moléculaire,
de façon directe ou indirecte, l'expression des gènes impliqués dans
la synthèse des protéines.
Les conséquences de cette perturbation des échanges et de l'apparition
de forces anormales sur les parois des capillaires, sont les suivantes :
• Il y a un épaississement de la membrane basale, et au niveau du rein,
des dépôts se forment entre les capillaires.
• L'élasticité des capillaires est altérée, et il apparaît
des lésions des cellules de l'endothélium. Ceci conduit à une déformation
des capillaires, et à des minuscules dilatations des capillaires (microanévrismes).
• Il y a une diminution de l'étanchéité des capillaires qui entraîne
un oedème et des exsudats (fuites) au niveau de la rétine (ce qui accentue
la perturbation des échanges) et l'apparition d'une microalbuminurie au niveau
du rein (passage d'albumine dans les urines).
• Lorsque la situation est évoluée, il y a rupture du capillaire et
hémorragie, ce qui a pour effet un moindre débit de sang en aval.
• Par ailleurs, il y a augmentation de la viscosité du sang, augmentation
de l'activité et de l'agrégabilité des plaquettes, et moindre déformabilité
des globules rouges, ce qui favorise la formation de caillots.
• Il y a aussi une moindre libération de l'oxygène par les globules
rouges.
L'aboutissement de la perturbation des échanges entre le sang et les tissus,
que l'on appelle microangiopathie, est donc un ralentissement du flux sanguin, et
ceci accentue la perturbation des échanges dans le territoire correspondant.
Localisation de la microangiopathie
Tous les capillaires de l'organisme peuvent être atteints, mais deux territoires
sont plus particulièrement affectés par les conséquences de la microangiopathie.
Ce sont la rétine et les glomérules rénaux (groupes de vaisseaux dans
les reins qui filtrent le sang).
Ceci est dû à la disposition particulière de la circulation dans ces
deux territoires. Elle est «termino-terminale», ce qui veut dire que chaque
capillaire se termine dans une veine et qu'il n'y a pas de lien entre les capillaires,
alors que dans les autres territoires les capillaires communiquent entre eux.
Cette disposition est particulièrement intéressante pour les fonctions
de ces deux territoires car elle permet à l'oxygène et aux nutriments d'arriver
en haute concentration puisque le sang de chaque capillaire ne se mélange pas
au sang d'un autre capillaire. Cela est intéressant pour la rétine et le
rein qui consomment beaucoup d'énergie, et en ce qui concerne le rein la filtration
y est ainsi plus efficace puisque le sang qui vient d'être filtré n'est
pas ensuite mélangé avec du sang qui n'a pas encore été filtré.
Cependant, en cas de lésion d'un capillaire aboutissant à ce que le sang
ne puisse plus circuler dans ce capillaire, le territoire qui était irrigué
par ce capillaire ne sera pas irrigué par le sang dérivé d'un autre
capillaire, contrairement à ce qui se passe dans les autres capillaires où
le sang peut emprunter un autre capillaire pour irriguer ce territoire.
Autrement dit, la circulation capillaire est munie de très nombreux «itinéraires
bis», sauf au niveau de la rétine et des glomérules rénaux dans
un but de plus grande efficacité.
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Les conséquences de la microangiopathie sont également importantes au
niveau des pieds, non pas en raison d'une disposition particulière des capillaires,
mais parce qu'ils sont le point le plus éloigné du coeur (ce qui entraîne
une faible pression dans les capillaires) et parce qu'ils sont comprimés en
par le poids du corps.
On peut retenir
• L'atteinte des tout petits vaisseaux, appelée microangiopathie, est caractéristique
du diabète (elle ne se rencontre pas dans d'autres maladies).
• Elle est caractérisée par une perturbation des échanges entre le
sang et les tissus et aboutit à un ralentissement du flux sanguin.
• Elle atteint tous les petits vaisseaux, mais ses conséquences sont particulièrement
importantes au niveau de la rétine, des glomérules rénaux et au niveau
des pieds.