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Quelles sont les causes déclenchantes
des plaies des pieds ?


Lorsqu'on établit des statistiques sur les facteurs favorisants des plaies des pieds des diabétiques, on trouve schématiquement une atteinte artérielle dans un tiers des cas, une atteinte neurologique ayant permis le développement sans douleur d'une infection dans un tiers des cas, et l'existence d'atteintes mixtes (artérielle, neurologique et infectieuse) dans un tiers des cas.

Mais si on établit une statistique sur les facteurs déclenchants des plaies des pieds des diabétiques on trouve une cause extérieure déclenchante dans 50 à 60 % cas, avec très schématiquement la répartition suivante :

• Chaussures
• Supports plantaires
• Altération de la statique du pied

 21 % 
 12 % 
 17 % 

Chaussures
inadaptées
50 %

• Pédicure
• «Chirurgie en salle de bain»
• Coricides chimiques

 11 % 
 11 % 
 3 % 

Gestes
inadaptés
25 %

• Hygiène défectueuse, mycose,
  ongle hypertrophique, ongle incarné
• Bains de pieds prolongés
• Chaleur excessive
• Traumatismes du pied, chute d'un objet
  sur le pied, marche pieds nus

 14 % 

 5 % 
 3 % 
 3 % 
 

Hygiène ou
comportement
inadaptés
25 %


Chaussures inadaptées : moitié des cas

Les problèmes liés aux chaussures figurent en tête de liste des facteurs déclenchants.

Les chaussures peuvent comprimer ou agir par frottement interne répété. Les chaussures trop étroites, «trop neuves» ou trop usées, les aspérités dues aux coutures ou au cuir, les zones de décollement à l'intérieur des chaussures, et les corps étrangers (petit caillou, éclat de verre...) sont les principales anomalies qui risquent de blesser le pied.

Les supports plantaires (semelles) peuvent également être en cause lorsque le cuir est déformé et durci par la transpiration, ou encore lorsqu'ils se sont craquelés ou pliés. Les chaussettes peuvent également être en cause lorsque la couture au niveau des orteils est particulièrement épaisse, surtout lorsqu'elles sont en matière synthétique.

Les altérations de la statique du pied correspondent aux cas où les chaussures et les supports plantaires ne présentent pas d'aspérité à l'origine d'un mal perforant plantaire. Mais on peut néanmoins considérer qu'il y a un «problème de chaussure inadaptée», car dans ces cas l'utilisation d'un support plantaire de décharge pour mieux répartir le poids du corps aurait pu éviter la formation d'un mal perforant. De plus, dans un certain nombre de cas, il y a une usure anormale du talon de la chaussure, qui est en relation avec un trouble de la marche ou une altération de la statique du pied, et qui contribue à l'accentuer. Normalement la pose du talon sur le sol se fait par le bord postéro-externe du talon, et il est normal que le talon s'use progressivement à ce niveau. Par contre, une usure du bord externe du talon témoigne souvent d'une altération de la statique du pied (varus talonnier) de même qu'une usure trop postérieure ou postéro-interne (valgus talonnier).


Gestes inadaptés : un quart des cas

La responsabilité des gestes inadaptés est partagée pour moitié par les pédicures et pour moitié par les diabétiques eux-mêmes.

L'emploi de coricides chimiques ou l'utilisation de meuleuses électriques sont parfois retrouvés, mais ce sont surtout l'emploi incontrôlé d'instruments tranchants ou l'arrachement d'un lambeau de peau qui sont en cause.

Le diabétique (ou son pédicure) doit savoir que c'est la vue qui doit guider le geste, et non la perception d'une douleur. Lorsqu'une douleur est ressentie ou lorsqu'il y a un saignement, c'est déjà trop tard : une plaie vient d'être provoquée faute d'avoir fait suffisamment attention.

Il faut toujours garder à l'esprit que l'esthétique est tout à fait secondaire par rapport au risque de provoquer une plaie. Autrement dit, mieux vaut avoir des pieds «qui pourraient être plus beaux» que des pieds avec une plaie par suite de soins de pédicure trop intensifs.


Hygiène ou comportement inadaptés : un quart des cas

Dans les espaces entre les orteils, ou sous les orteils, peut se développer une mycose (infection superficielle de la peau due à des champignons). Ceci est banal même chez les personnes qui ne sont pas diabétiques, et est favorisé par la transpiration, la macération et un défaut d'hygiène. Chez les diabétiques, dont la peau est plus fragile, les mycoses sont plus fréquentes et peuvent conduire à une véritable infection profonde avec une plaie.

Les accidents liés à la pousse anarchique des ongles (l'ongle vient frotter contre l'orteil voisin) ou liés à un ongle incarné, sont également liés à un comportement non adapté. Ces accidents peuvent être prévenus par des soins de pédicure appropriés.

A l'inverse, les bains de pieds prolongés peuvent être à l'origine d'une infection profonde. Afin de ramollir les callosités sous les pieds (début de mal perforant plantaire) on propose souvent des bains de pieds, mais l'idée apparemment correcte est cependant fausse. En effet, la plupart des callosités sous souvent fissurées, et les bains de pieds prolongés plus de 5 minutes créent une macération au fond de ces fissures, qui favorise la pénétration en profondeur, dans les tissus sains, des microbes qui se trouvent dans ces fissures.

Les bains de pied à plus de 37°, les bouillottes, les coussins et les chaufferettes électriques peuvent également être à l'origine de plaies : soit par brûlure directe (s'il y a une diminution importante de la sensibilité au chaud et à la douleur), soit plus souvent parce que l'augmentation de température augmente la consommation en oxygène du pied qui n'arrive pas à être compensée par une augmentation de l'afflux sanguin à cause de l'insuffisance artérielle (il se produit alors une souffrance cellulaire puis une gangrène). Il y a de nombreux cas de gangrène chez les diabétiques ayant une importante atteinte artérielle qui ont recherché à réchauffer leurs pieds avec des bouillottes ou des coussins électriques.

Les traumatismes du pied, la chute d'un objet sur le pied, ou la marche pieds nus peuvent également occasionner des plaies qui bien souvent auraient pu être évitées, ou dont les conséquences auraient pu être limitées par une protection du pied.


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