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Il n'y a pas de «petit diabète»
Le diabète n'est pas une «maladie du laboratoire» même si on
a parfois tendance à penser que l'on doit soigner des chiffres présents
sur une feuille de papier, dont on n'a (pour le moment) strictement aucun désagrément
:
• L'atteinte des artères (macroangiopathie) peut être responsable
d'infarctus du myocarde, d'accidents vasculaires cérébraux, d'artérite
des membres inférieurs... Il s'agit des mêmes atteintes vasculaires que
chez les personnes non diabétiques, mais le diabète les rend plus fréquentes.
• L'atteinte des tous petits vaisseaux (microangiopathie) peut être responsable
d'insuffisance rénale, de baisse de la vision, de problème de cicatrisation...
Il s'agit d'atteintes vasculaires caractéristiques du diabète.
• L'atteinte des nerfs peut être responsable de douleurs, de paralysies
et de nombreux symptômes parfois invalidants.
Il faut bien comprendre que, lorsque ces atteintes sont présentes, il peut être
possible de stabiliser les choses ou de freiner l'évolution en se soignant mieux
qu'auparavant, mais lorsque la situation est trop avancée on ne peut pas
faire régresser ces complications.
Il faut donc se soigner le mieux possible dès la découverte du diabète
pour éviter que les complications apparaissent, et se soumettre à une surveillance
régulière pour déceler précocement les complications et pouvoir
intervenir au plus tôt.
Le «prédiabète» n'existe pas. Les complications débutent
à partir du moment où les glycémies sont supérieures aux glycémies normales.
Le «petit diabète» n'existe pas non plus.
Le risque de complications est proportionnel à l'hémoglobine glycosylée et globalement toute diminution
de 1 % de l'HbA1c diminue d'environ 20 % la fréquence des complications. Le
risque de complications du diabète ne dépend cependant pas que de la glycémie,
car d'autres facteurs interviennent (cholestérol, hypertension, tabac, absence
d'activité physique, excès de poids et facteurs génétiques) mais,
à facteurs de risque identiques, l'HbA1c permet bien mieux de «mesurer
le diabète» que la glycémie à jeun, que ce soit en cas de diabète
insulinodépendant (DT1)
ou de diabète non insulinodépendant (DT2), et il est recommandé de la doser tous les trois mois.
Et le fait que le diabète soit traité avec de l'insuline ou des comprimés
ne change strictement rien au problème.
On peut même dire que, dans une certaine mesure, le diabète non insulinodépendant
est plus grave que le diabète insulinodépendant lorsque l'on pense que
la maladie se résume à la prise de quelques comprimés et que l'on
accepte d'avoir des glycémies un peu anormales «puisque l'on a du diabète» :
• Le diabète est la première cause de cécité dans les pays
industrialisés, et sur deux diabétiques aveugles, l'un avait initialement
un diabète insulinodépendant, l'autre un diabète non insulinodépendant.
• Un tiers des personnes sous rein artificiel sont des diabétiques, et
sur deux diabétiques dialysés, l'un avait initialement un diabète
insulinodépendant, l'autre un diabète non insulinodépendant.
• Les statistiques montrent que le risque vasculaire au moment du diagnostic
d'un diabète de type 2 est actuellement équivalent, par défaut de
prise en charge correcte, au risque d'une personne non diabétique venant de
faire un premier infarctus du myocarde.
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C'est une profonde erreur de croire
qu'un «diabète aux comprimés» est moins grave qu'un «diabète à l'insuline» |
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Il n'y a pas de «prédiabète» |