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Responsabilité de l'hyperglycémie
dans les complications chroniques du diabète


Diabète de type 1 : L'étude D.C.C.T.


L'hyperglycémie n'est pas de le seul élément favorisant les complications chroniques du diabète. Il existe en effet d'autres facteurs, notamment génétiques, conduisant à ce qu'à un niveau de contrôle glycémique identique, certains diabétiques font plus rapidement des complications, ou une complication plutôt qu'une autre.

Cependant, en association avec les mesures hygiéno-diététiques de bonne santé (arrêt du tabac, alimentation sans graisses, activité physique, maintien d'un poids normal) et le traitement efficace d'une éventuelle hypertension artérielle, le contrôle de la glycémie est le seul moyen dont on dispose actuellement pour se préserver des complications.

Ce rôle déterminant de l'hyperglycémie chronique a été particulièrement bien étudié dans l'étude D.C.C.T. qui est l'étude la plus importante et la plus récente dans ce domaine.


Qu'est-ce que l'étude D.C.C.T. ?

D.C.C.T. est l'abréviation de «Diabetes Control and Complications Trial Research Group» c'est-à-dire «Groupe de Recherche sur le Contrôle et les Complications du Diabète». Le texte en anglais de cette étude peut être consulté sur l'Internet.

Il s'agit d'une étude qui a été menée aux USA, de 83 à 93, dans le but de répondre à une question simple : un contrôle glycémique le plus proche possible de la normale peut-il empêcher ou retarder la survenue des complications liées au diabète ?


Population diabétique étudiée

Les 1441 diabétiques insulinodépendants (DT1), âgés de 13 à 39 ans, inclus dans cette étude, ont été répartis en deux groupes :
• un premier groupe de 726 diabétiques dont le diabète était récent (moins de 5 ans) et sans complication oculaire ni rénale,
• un deuxième groupe de 715 diabétiques dont le diabète existait depuis 6 à 15 ans sans avoir déjà entraîné une rétinopathie sévère, ni une microalbuminurie supérieure à 200 mg/j.

Au sein de chacun de ces deux groupes :
• la moitié des diabétiques a été traitée avec un traitement conventionnel : une ou deux injections, autosurveillance glycémique une fois par jour avec pour objectif le «bien-être» sans hypoglycémie ni hyperglycémie, et une consultation diabétologique trimestrielle,
• l'autre moitié a été traitée avec un traitement intensif : au moins trois injections par jour ou pompe à insuline, autosurveillance glycémique au moins quatre fois par jour avec pour objectif des glycémies entre 0,70 et 1,20 g/l avant les repas, inférieures à 1,80 g/l deux heures après les repas, et supérieures à 0,65 g/l au milieu de la nuit, et un suivi très rigoureux avec contact téléphonique hebdomadaire et consultation diabétologique mensuelle.


Contrôle du diabète

En ce qui concerne le contrôle du diabète :
• la glycémie moyenne a été de 2,30 g/l et l'hémoglobine glycosylée de 8,9 % (N : inf à 6,5) dans le groupe «traitement conventionnel»,
• la glycémie moyenne a été de 1,55 g/l et l'hémoglobine glycosylée de 7,1 % (N : inf à 6,5) dans le groupe «traitement intensif».


Evolution des complications

En ce qui concerne les complications, les principaux critères de jugement ont été la survenue ou l'aggravation de la rétinopathie, de la néphropathie et de la neuropathie, ainsi que l'évaluation des effets secondaires du traitement :

• Rétinopathie : Le traitement intensif a permis une réduction de 27 % de l'apparition des premiers signes de rétinopathie, une baisse de 45 % des rétinopathies sévères nécessitant une photocoagulation, et une diminution globale de 34 à 76 % de la progression de la rétinopathie en fonction des stades de départ.

• Néphropathie : Le traitement intensif a réduit de 35 % l'apparition ou le développement de la microalbuminurie, et de 50 % celui de la macroalbuminurie.

• Neuropathie : Le traitement intensif a réduit de 69 % l'apparition de la neuropathie et a ralenti dans 57 % des cas l'évolution d'une neuropathie déjà présente.

• Hypoglycémies : La nette amélioration glycémique dans le groupe «traitement intensif» a eu pour corollaire une augmentation du risque d'hypoglycémies.

La fréquence a été exprimée en patients/année, c'est-à-dire par exemple que «30 patients/années» signifie que pour 100 diabétiques suivis pendant un an il y a eu 30 épisodes d'hypoglycémie : la plupart des diabétiques n'ayant eu aucun épisode, certains diabétiques ayant eu un seul épisode, et d'autres ayant pu avoir plusieurs épisodes, mais globalement le nombre total d'hypoglycémies a été de 30 pour 100 diabétiques suivis pendant un an.

Globalement, les hypoglycémies sévères nécessitant une assistance avec injection de glucagon ou hospitalisation ont été multipliées par trois (x 3) : Hypoglycémies sévères = 62/100 patients/année contre 19/100 patients/année ; Coma ou convulsions = 16/100 patients/année contre 5/100 patients/année ; Hospitalisation = 4/100 patients/année contre 9/100 patients/année.


Qualité de vie

Il était légitime de se demander si les résultats très positifs sur les complications ne se feraient pas au détriment de la qualité de vie.

Pour cela, une batterie de tests psychologiques et comportementaux a été mise en oeuvre. Pour les auteurs, ces tests ne sont pas différents dans les deux groupes, ce qui a été une relative surprise.


Conclusion

Cette étude confirme donc :
• que l'hyperglycémie chronique favorise les complications,
• et qu'un contrôle glycémique le plus proche possible de la normale permet de réduire la fréquence d'apparition des complications, ainsi que de ralentir l'évolution des complications.

Par ailleurs, bien que cette étude ait concerné des diabétiques de type 1, ces conclusions sont parfaitement transposables aux diabétiques de type 2.

En association avec les mesures hygiéno-diététiques de bonne santé (arrêt du tabac, alimentation sans graisses, activité physique, maintien d'un poids normal)

et le traitement d'une éventuelle hypertension
 artérielle,

le contrôle glycémique le plus proche possible de la normale est le seul moyen dont on dispose actuellement pour se préserver des
 complications,

que l'on ait un diabète de type
 1
ou un diabète de
 type 2.



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